C’est officiel : Sexy Sushi est à vendre

14 décembre 2009

Comme chacun sait, l’opération de distribution d’argent organisée par Mailorama avait été annulée le mois dernier, causant des émeutes. Eh bien, c’était soirée rattrapage à l’Alhambra samedi soir. Mais, de toute évidence, l’argent ne fait plus le bonheur. Il peut même laisser la foule totalement indifférente.

Flashback. Après être sortie à la bourre d’une séance de ciné sur le film 100% ricain donc 100% mièvre “la route” et galéré quelque peu dans les transports-toujours-en-grève, je stoppe net devant une queue de 100 mètres de long dans la rue. Et bien sûr, ça n’avance pas, il fait froid (encore plus à la vue des punkueers cuirs quasi à oualp’), j’ai soif de bière (encore plus y a que des fans de ça autour de moi). Une heure plus tard, je franchis le palier. Le gérant m’explique qu’il était inutile de faire la queue : il suffisait de traverser la rue pour retirer ma place à la billetterie de l’Alhambra, puisque je l’avais achetée sur leur site. F*ck, à bon entendeur salut ! À ce moment-là, le talkie du gérant grésille et laisse entendre “quelqu’un vient d’avoir un malaise et a gerbé une galette…au milieu de la salle”. Finalement, c’est peut-être pas un si grand mal d’avoir loupé la 1ère partie. Le temps de faire la queue aux vestiaires et d’aller visiter les closets (où je croise une fille de Radio Campus Paris), le concert des S.S. n’a toujours pas démarré. La demi-heure suivante qui va s’écouler (very lentement) me laisse tout le loisir d’observer le public. Et, esthétiquement parlant, je dirais que c’est jour de carnaval ou bien de gaypride (version médias, on est d’accord). Pas mal de gay lurons ont sorti une tenue indescriptible ou un accessoire fétiche qu’ils exhibent fièrement (version gros dur ou grand nounours, tout dépend des styles). En fait, tout le milieu gay/lesb/trans est réuni pour la même cause : c’en est presque émouvant ! Sur la scène, trône sur une table le macbook pro de DJ Silver et au fond, un “fils de pute” gravé au marqueur noir.

Enfin, après de multiples appels du public, Rebecca apparait en survêt’ suivie de Mitch baillonné. Avec juste près d’1h30 de retard. Normal, on est prêt à consentir ce petit sacrifice pour assister à la messe noire célébrée par les dieux de l’enfer en personne. RW commence à chantonner “le sex appeal de la policière” dans une langue proche de l’espagnol. En la tronquant sans vergogne, s’ensuivent pêle-mêle : “tu dégages”, “y a trop de naz en discothèque”, “enfant de putain/salope ta mère”, point à la ligne (ce dernier n’est pas un titre). Avec la particularité que plus on avançait dans la soirée, moins les chansons ressemblaient à quelque chose d’intelligible, plus l’ambiance se délitait. Rebecca mutant alors en petit animal sauvage, slammant allègrement sur la foule telle une reine grisée sur son trône, crachant systématiquement tous les liquides qu’elle absorbe sur la tête du public qui en redemandait, éructant des trucs très proches du yaourt en bouilli, se tortillant et se couchant à même le sol, se foutant seins à l’air comme elle en a l’habitude (et nous aussi), se penchant derrière l’épaule de Mitch pour savoir de quelle zik bizarre il s’agissait et finissant par confesser le plus naturellement du monde qu’elle ne se souvenait plus vraiment des paroles. Pas grave, total freestyle et nawak rulez !

Côté public, c’est la chute libre. Pourtant, initialement, on y croyait dur comme fer et nous étions surchauffés à blanc, nos êtres brûlants et mus par une joie transcendante. Certain-e-s téméraires sont même monté-e-s sur scène, comme poussé-e-s par une force invisible. Mal leur en a pris : à peine la danse des corps avait débuté entre RW et eux que les vigiles les poussaient – d’abord gentiment puis sans ménagement – vers…la fosse. Gare à l’atterrissage ! Après 4-5 titres se résumant quasiment à des boucles électro complètement dénudées (où l’un des vigiles manque de s’endormir), l’ambiance est redescendue d’un cran et on a plus ou moins fini par comprendre qu’on assistait visuellement à la déchéance macabre d’une pauvre petite junkie désarticulée (ou déchet assimilé) qui vogue à 10 000 lieues de là. Ni plus ni moins. Si dans ses premiers concerts, la dope la rendait en totale communion avec le public, faut croire que, visiblement, l’excès produit l’effet inverse… Peut-être que cette mise-en-scène trashotique est sciemment voulue et a été savamment pensée ; sauf que là on évolue moins dans une logique jusqu’au-boutiste que dans une forme de grand bordel nihiliste. Que nenni, on n’a encore rien vu, le “meilleur” du spectacle est à venir…

Alors que la clameur monte pour rappeler le duo, un mec en costard se présente au bout de 10 minutes et articule qu’il est soit-disant commissaire-priseur et va procéder à la mise aux enchères d’accessoires de Sexy Sushi (essentiellement des portions de la roue de l’infortune, du mobilier et un t-shirt “action contre la faim”). Assez rapidement, ça tourne au pugilat et au lynchage sur la place publique (mais ça tombe bien, c’est nettement réciproque). Insultes, doigts d’honneur, centimes dans la tronche : la colère gronde. Le régisseur va chercher Réb’ qui s’est réfugiée en backstage. Mitch fout un son tandis qu’elle enfile un haut de jogging et incarne à merveille la potiche molle sans aucun charisme qui fait la démo d’objets innommables. N’y tenant plus, hypnotisé-e-s par leurs idoles, les kamikazes de la première heure (et d’autres) tentent de sauver la peau de l’ours déjà tuée en escaladant de nouveau la scène dans une ambiance bonne enfant. Cette fois-ci, la riposte est hyper-violente et les gens sont jetés à terre comme de vulgaires cailloux (un bon moyen d’apercevoir des potes, par ailleurs). Tout s’arrête assez brutalement et il faut moins d’une minute pour que la scène soit entièrement vidée, y compris des “artistes”. Je regarde ma montre : ça fait pas 50 minutes qui se sont écoulées depuis le début !!

Qu’on crie à ce moment-là “Rebecca”, “Rachida” ou “Dorothée”, on a tous compris – sans vouloir toutefois l’admettre – qu’ils ne reviendront pas et que, nous non plus, on n’est pas prêts de remettre les pieds de si tôt à leur petite sauterie minable. Ok, on était venu pour se faire – à la rigueur – insulter (passe encore pour “racailles” et “St-Etienne”), pas se faire enc*ler, nuance ! Alors, en traînant la patte ou en s’asseyant par terre en signe de contestation, le mot END est pour toujours gravé dans nos têtes. Ouais, vous rêvez pas et c’est officiel : Sexy Sushi est devenu un truc bien glauque, exclusivement destiné aux bobos qui voudraient s’encanailler à des concerts de groupes qui prétendent appartenir à la scène underground, free parties & co. Le néant intersidéral (alias de la merde en français), oui !

>> APPEL AU BOYCOTT <<


Demain, c’est permis !

11 décembre 2009

* Lien *

+++


* Interview TrashYagg + Lien *


YES

tes yeux

et tes oreilles

vont avoir

très très mal

et tant mieux !

☆☆☆

…..


Programme d’Utilité Publique

11 décembre 2009

Peu le temps de bloguer en ce moment (pas d’ordi chronophagien @ home, mais ma résolution 2010 est d’apprendre à taper sur un le clavier virtuel d’un téléphone tactile, et pour l’instant, c’est pas gagné à cause de mes grosses paluches), zappé de poster un article sur le 1er décembre (journée mondiale de lutte contre le sida) et je m’en excuse… je me rattrape (grâce) à Agnès et son message – hélas – quasi-inédit de prévention (les femmes disposent de très peu de campagnes ciblées) sur Yagg :

Pour la campagne Sexe, prévention et vidéos lancée par Yagg.com et l’Inpes, Tatiana Potard, bloggeuse et activiste, a décidé de s’adresser directement aux lesbiennes avec son clip “Je vais chez le gynéco”.

Il s’agit de la première vidéo de prévention créée par une lesbienne pour un public lesbien.

Pour traiter un sujet aussi sérieux, Tatiana utilise l’humour. Elle interprète ainsi Agnès, “la lesbienne totalement équilibrée”, qui prend soin de sa santé, pour elle mais aussi pour ses amantes.

Les femmes lesbiennes sont 12% contre 3% des femmes hétérosexuelles à rapporter avoir eu une infection sexuellement transmissible (IST) dans les cinq dernières années (enquête sur le Contexte de la sexualité en France, Inserm, 2007).

Le VIH étant plus difficilement transmissible entre deux femmes, elles sont absentes des campagnes de prévention. Pourtant, d’autres IST comme les chlamydiae, le papillomavirus ou encore l’herpès génital sont fréquentes chez celles-ci.

Les lesbiennes ont recours à des soins médicaux, mais les professionnels de santé sont nombreux à faire preuve d’ignorance, voire d’incompétence en matière de santé lesbienne. Trouver un gynécologue relève souvent de la gageure.

À noter par ailleurs qu’un groupe de travail “FSF* & IST” s’est créé récemment (appuyé par la DGS), avec des personnes particulièrement concernées. Let’s work ! (et le chantier est vaste).

* FSF = Femmes ayant du sexe avec des Femmes (à l’instar de HSH pour les gars). Et ça ne concerne donc pas que les lesbiennes et les bis, ça comprend toutes les personnes qui ne s’assument pas, qui mènent une double vie, multi-partenaires (sans jugement de valeur aucun, bien entendu).

Heavy of Gossip

19 novembre 2009


Back 2 attack massive

13 novembre 2009

J’ai pas spécialement accroché aux quelques nouveaux morceaux (pas réellement innovants). Par contre, comme c’était bon de se remémorer et ressentir les vibes issues des anciens tracks cultes, 10 ans après…


Electric Picard Band

3 novembre 2009

À celles et ceux qui pensaient comme moi que Pascale Picard se résumait à des balades pop ont dû être déçu-e-s ou bien enchanté-e-s de découvrir son univers pétillant (comme le champagne qu’elle a servi au public devant) et une chanteuse pleine de vie (et le mot est faible).


Bercy zapped my night

26 octobre 2009

Côté coulisses…


Sharp Tree

14 octobre 2009

Certains diront que ce concert de Porcupine Tree était trop studio, léché, millimétré, sans aucune part d’improvisation. Je leur répondrai que certes, ils n’ont pas tort. Mais au vu du résultat, il y a de quoi encourager ce parti pris épuré sans pogo/slam ni sueur. Et franchement, rien à voir avec l’âge du public (30-40 ans).

De toute façon, les vidéos de folie balancées sur l’écran géant ont achevé de globalement plonger la salle dans un genre d’atmosphère nostalgiconirique. Il faut dire que les images étaient à des lieues de ce qu’on a l’habitude d’ingurgiter. Superpositions de visuels en mouvement retravaillés. De quoi rendre n’importe quel vidéocaste adepte de la HD. Ceci accolé aux incroyables morceaux de 10 minutes débutant par de prodigieuses intros et se terminant par de splendides finaux.

Art. Du très grand, à n’en pas douter. Et pourtant, je connaissais qu’à peine le groupe avant d’entrer à l’Olympia et j’apprécie le métal où tout le monde saute partout. Mais là, c’est différent, sûrement largement inspiré par l’époque new-wave des 80’s et ses synthés… Ça ne ressemble à rien de connu/stéréotypé/formaté, je crois que c’est pour ça que j’ai complètement accroché. Et faut avoir un sacré culot pour imposer un concert de 2h entrecoupé d’un entracte de 10 vraies minutes !


Sad story

9 octobre 2009

Lorsqu’on lit les noms de Spleen/Hugh Coltman/Yael Naim/David Donatien/Cécile Cassel/Sara Forestier à l’affiche d’une performance vocale mise en scène et conçue pour un festival original et créatif, lors d’une soirée estampillée “Factory”, on s’attend au meilleur (voire on a tendance à idéaliser). Surtout lorsqu’au préalable, la salle de la Cigale a été chauffée par DJ RKK (senior mais…dynamix !) et Mocky (une bande de trublions jazziquement excentrico-acoustiques).

Ça commence plutôt bien avec Spleen, Sara Forestier et Hugh Coltman (qu’Elle identifie immédiatement a contrario de mí). Sauf que l’histoire d’amour initiale a tôt fait de tourner au mélodrame tragico-greco-romain, sombrant même assez vite dans la folie junko-psychotique (je sais, à assembler les adjectifs comme je fais, j’aurais dû prendre l’option allemand pour assouvir mes pulsions, plutôt que de saouler les lecteurs/trices). Et au lieu d’assister à un spectacle musical moderne, on dérape dérive rapidement vers un assemblage de tableaux de longueur et qualité inégales, souvent extrêmement bavards (au détriment du chant), grandiloquents, caricaturaux, hyper-théâtraux, et j’en passe… Dans l’absolu, il aurait fallu garder uniquement le début et la fin (où Yael fait – enfin – une ultra-short apparition).

Par conséquent, dans une salle surchauffée (where is ze clim’ ?) plongée dans le noir, seulement 2 solutions s’offrent à vous pour combattre les effets redoutables du soporifisme : ou bien plonger – comme certains protagonistes justement allongés sur scène – dans un état second, ou bien quitter précipitamment/précocement les lieux (comme un grand nombre de spectateurs se résoudra à faire).


Resistances

26 septembre 2009

Si le dernier album de Muse – flirtant allègrement avec le registre queenesque – n’a pas remporté tous les suffrages et l’adhésion totale de ses fans, il n’en demeure pas moins que Resistance, le track éponyme est réellement fort en symbolique et riche en signification. Je ne me lasse de le looper et d’explorer ses lyrics apocalyptiques.

Puissant hymne contestataire politique ou plaidoirie pour l’amour (vs la haine) ? Peu importe, ces deux causes sont ancrées dans un mouvement révolutionnaire (au sens propre) et se nourrissent passionnément l’une de l’autre…

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