J’ai pas spécialement accroché aux quelques nouveaux morceaux (pas réellement innovants). Par contre, comme c’était bon de se remémorer et ressentir les vibes issues des anciens tracks cultes, 10 ans après…
Electric Picard Band
3 novembre 2009À celles et ceux qui pensaient comme moi que Pascale Picard se résumait à des balades pop ont dû être déçu-e-s ou bien enchanté-e-s de découvrir son univers pétillant (comme le champagne qu’elle a servi au public devant) et une chanteuse pleine de vie (et le mot est faible).
Sad story
9 octobre 2009Lorsqu’on lit les noms de Spleen/Hugh Coltman/Yael Naim/David Donatien/Cécile Cassel/Sara Forestier à l’affiche d’une performance vocale mise en scène et conçue pour un festival original et créatif, lors d’une soirée estampillée “Factory”, on s’attend au meilleur (voire on a tendance à idéaliser). Surtout lorsqu’au préalable, la salle de la Cigale a été chauffée par DJ RKK (senior mais…dynamix !) et Mocky (une bande de trublions jazziquement excentrico-acoustiques).
Ça commence plutôt bien avec Spleen, Sara Forestier et Hugh Coltman (qu’Elle identifie immédiatement a contrario de mí). Sauf que l’histoire d’amour initiale a tôt fait de tourner au mélodrame tragico-greco-romain, sombrant même assez vite dans la folie junko-psychotique (je sais, à assembler les adjectifs comme je fais, j’aurais dû prendre l’option allemand pour assouvir mes pulsions, plutôt que de saouler les lecteurs/trices). Et au lieu d’assister à un spectacle musical moderne, on dérape dérive rapidement vers un assemblage de tableaux de longueur et qualité inégales, souvent extrêmement bavards (au détriment du chant), grandiloquents, caricaturaux, hyper-théâtraux, et j’en passe… Dans l’absolu, il aurait fallu garder uniquement le début et la fin (où Yael fait – enfin – une ultra-short apparition).
Par conséquent, dans une salle surchauffée (where is ze clim’ ?) plongée dans le noir, seulement 2 solutions s’offrent à vous pour combattre les effets redoutables du soporifisme : ou bien plonger – comme certains protagonistes justement allongés sur scène – dans un état second, ou bien quitter précipitamment/précocement les lieux (comme un grand nombre de spectateurs se résoudra à faire).
- les impressions d’un photographe, à l’inverse, subjugué et enjoué
- la série de shots de ma douce
- la mienne
Resistances
26 septembre 2009Si le dernier album de Muse – flirtant allègrement avec le registre queenesque – n’a pas remporté tous les suffrages et l’adhésion totale de ses fans, il n’en demeure pas moins que Resistance, le track éponyme est réellement fort en symbolique et riche en signification. Je ne me lasse de le looper et d’explorer ses lyrics apocalyptiques.
Puissant hymne contestataire politique ou plaidoirie pour l’amour (vs la haine) ? Peu importe, ces deux causes sont ancrées dans un mouvement révolutionnaire (au sens propre) et se nourrissent passionnément l’une de l’autre…
Parade électrique
21 septembre 2009Samedi dernier, c’était la journée de la gueule de bois exceptionnellement diurne. Bref, on pouvait se bourrer la gueule non-stop en plein jour, sans se cacher honteusement. Pour l’aspect engagé type “revendication politique”, il fallait à la rigueur passer il y a 10 (premières éditions parisiennes). Aujourd’hui, c’est un carnaval bon enfant de chars diffusant de l’électrommerciale à l’amplitude décibelique élevée et de minots, même pas nés lors de la première loveparade berlinoise, expérimentant leur première cuite.
Sinon, visuellement, c’est un joli festival de couleurs qui se termine systématiquement à Bastille et irrémédiablement dans le sang, les coups et les cris.
FM Air
16 septembre 2009Il y a des jours avec et des jours sans. Et visiblement, pour Mylène, vendredi soir, c’était niet. La hantise de louper le défi du stade se lisait sur son visage. En plus d’être clairement paralysée par la peur, elle nous est apparue livide et crevée (encore plus que d’habitude). Il faut croire que le lendemain, en gagnant en maturité (+ 1 an), l’exercice est devenu subitement plus aisé…
Je précise (pour éviter de me faire taper dessus par ses adôôôrateurs) que j’ai été assister à ce premier concert au stade de France simplement par curiosité (eh oui, sorry, ça fait 13 ans que j’ai décroché du statut de pure addict, 13 années que j’ai quitté l’adolescence et son mal-être inhérent pour des horizons plus paisibles…) et par goût de la comparaison (histoire d’observer l’évolution depuis le Bercy 2006). Forcément, mon état d’esprit est à 10 000 lieux de celui des fans qui attendent fébrilement ce live depuis 2 x 365 jours et qui, pour la plupart, considère Mylène moins comme une artiste (avec ses qualités et ses défauts) que comme une déesse plus-que-parfaite. Forcément, dans ces conditions d’attente, ils ont eu toutes les raisons du monde d’avoir été subjugués ce soir…et peuvent stopper la lecture de mon post à cet endroit précis.
Le parcours pour arriver jusqu’au stade est quasi-initiatique. D’autant plus quand on vient en bus et que la moitié des arrêts ont été tronqués pour satisfaire aux ordres des services de sécurité de la production et du stade. Assez rapidement, je me retrouve avalée par une horde de pèlerins, poursuivant unanimement un seul et même but. Une des étapes incontournables est le stand merchandising, en pleine ville et situé à plusieurs centaines de mètres du stade. Mais rassurez-vous, c’est loin d’être le seul. Un peu comme cette queue infinie composée de centaines de gens (désenchantées ou victimes de la crise ?), cherchant désespérément à revendre des places et allant parfois jusqu’à les brader ou les donner…
Après avoir slalomé entre les files d’attente et marché longuement de porte en porte jusqu’à la U pour retrouver les bénés Solsid, le challenge consiste à convaincre le service de sécurité que même si les passes que la prod’ ne parviennent définitivement pas à passer l’épreuve du contrôle-douchette, nos quelques centaines de rubans ne sont pas vraiment destinés à faire jolis. Enfin, quelqu’une de sensée finit par comprendre que les badges ont sûrement été validés par erreur pour…demain !
Après avoir perdu du temps inutilement, nous nous répartissons les pin’s/paniers/bananes entre nous et adoptons chacun-e une porte d’accès (autant que les lettres de l’alphabet !). À peine le temps de reprendre son souffle que déjà l’ouverture du stade retentit, juste le temps d’esquiver les 1ères météorites et catapultes fanatiques. Ma coin est maudit : non seulement j’ai le soleil en plein face et, une fois celui-ci couché, c’est une violente bise froide qui vient me tenir compagnie… Et interdiction d’aller vendre dans les tribunes ou dans la fosse, snif. En guise de casse-dalle, le tiers de demi baguette mixte proposée à l’un des 60 points de restauration (sponsorisés par Coca), pour la modique somme de…5€ (!). Re-snif. Heureusement, devant mes yeux, c’est un carnaval visuel d’admirateurs/trices qui ont sorti le grand jeu !
Quatre heures plus tard, sur des sons percussionnistes du groupe assurant la 1ère partie, proche de celui de Stomp (edit : la compagnie brésilienne Balé de Rua), nous comptabilisons vaillamment, à la faible lueur de la bougie, les millions de centimes de la vente de ce soir. Nous ignorons encore si notre badge nous permettra de pénétrer dans l’antre du sport. Mais la trop grande pression engendrée par l’intro grondante post-sextonik pré-paradinanimé fait craquer l’une des fans présente parmi nous et qui s’enfuit à grandes enjambées assister au concert. 1/4 d’heure plus tard, nous terminons enfin les opérations arithmétiques. Le temps de squatter près des tribunes, faire un aller-retour aux chiottes, descendre jusqu’à la fosse seulement aux 3/4 pleine (puisque finalement nous y sommes autorisés), l’organe vocal de l’ange roux mystérieux invisible n’a ps encore retenti. S’agit-il d’une berceuse boutonnesquement soporifique ? Ah, la dame apparaît ! Non sans faillir choir, j’apprendrai – quelques instants plus tard – de la bouche de Tati. Eh oui, l’alcool/la coke, c’est mal.
Complètement invisible sur scène à l’œil nu, nous suivons les “tableaux” sur les écrans géants (dont un placé au fond, sûrement pour les fans coincés tout devant) et jouons les anti-fans à fond, au péril de notre vie. Paris les plus fous sur la couleur de ses robes, danses éperdues, remarques constructives sur les chorés et costumes (au léger goût de déjà-vu) + le décor (ô combien minimaliste) + l’absence de zicos + la durée d’absence prolongée entre chaque track, + la setlist peu innovante, etc etc. Important à signaler aux âmes sensibles, ce concert est “anatomique” : Mylène a kiffé l’expo de cadavres “our body” et porte – en chair et en os – des costumes sur ce thème. Idem, le défilé de squelettes et crânes charmants, notamment sur l’hymne “c’est laid/c’est dans l’air”.
On pourrait aussi évoquer la coupure son au milieu de “sans contrefaçon” (oups le disque a sauté ; oups, un technicien est viré) où la miss a dû dénicher un micro qui “marchait” (pour de vrai, puisque la voix pré-enregistrée s’est éteinte avec le fond sonore). Remboursé ? Non, Mymy s’est excusée (euh, pour le bug ou le playback ?) auprès du public qui s’était temporairement substitué à elle, vocalement parlant : l’honneur est sauf ! Autre trouvaille de l’acoustique “reverb” du stade : quand MF vient chanter (et accessoirement épancher quelques larmes) sur la scène centrale, aux côtés du grand Yvan Cassar : à défaut d’être plus visible qu’un petit pois, elle en devient cependant moins audible (à cause du décalage sonore créé par l’écho). Apparemment, les gens placés au fond ont encore moins compris les paroles que d’habitude. Comme dirait Jeunet, du “galimatia” ! Heureusement, en guise de compensation, il y avait le rideau horizontal de lasers verts pour s’en mettre plein les mirettes et repartir aveugle. Bluffant, on ne sent pas la douleur !
Mémorable et totalement inattendue : la fessée au Q de son danseur (à la fin de “pourvu qu’elles soient douces”). Et la choré façon “air guitar”, sur XXL je crois : il fallait oser ! Il y a enfin tous ces moments inoubliables où elle s’adresse aux spectateurs attendris en hurlant dans son micro (déjà amplifié au préalable, mais elle est visiblement pas briefée sur le sujet). Et puis, le final : le rappel à moitié loupé sur “désenchanté”, généreusement chanté “en live” mais donc “faux”. Oui, j’avoue : j’ai oublié mes bouchons d’oreilles ce soir et je le regrette terriblement ; pardonnez-moi… Vous tenez vraiment à savoir à quoi ressemble le final : imaginez comme un feu d’artifice où vous recevriez des tas de bouts de plastique (souvenirs ?), semblables à des adhésifs d’enveloppe, sur la gueule. Oui, je jure, c’est 100% authentique… Bon, ça passe pour cette fois, je le prends bien.
Rassurez-vous, on a clairement bien déliré sur ce concert. Rien de tel pour se réchauffer face aux courants d’air glacés qui soufflaient dans le stade et mieux valait ça que de pleurer devant l’étendue du désastre. 20 ans après ses débuts, Mylène n’est-elle plus capable que de produire de shows formatés et prévisibles à la “Madonney” ? Dehors, à la sortie, quelques dizaines de courageux ont déjà planté leur tente Quechua pour assister au show de demain (qu’ils n’ont fait qu’ouïr, ce soir). L’envie me démange presque de leur souhaiter bon courage face à ce qui les attend…
D’autres sons de cloches :
Publié par yXeLLe
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