Une balle dans la tête

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Actuellement, Roland Garros bat son plein et on ne jure plus que par jeu, têtes de séries, pronostics et tableaux. Même si la légende veut que la team française fonde comme neige au soleil au contact de la terre battue et ce, dès les premiers tours, nous sommes également nombreuses(x) à miser et à croire en de grands talents comme Amélie Mauresmo. Et dans 10 ans, dans 20 ans, nous souviendrons-nous encore d’elle ? Il y a de grandes chances : elle fait partie de ces filles qui ont marqué l’histoire du tennis français et international à jamais, comme les soeurs Williams, Martina Hingis, Nathalie Tauziat, Martina Navritilova, Justine Henin, Maria Sharapova, …

Catherine_tanvierEt pourtant, célébrité & postérité ne riment pas toujours avec réussite personnelle et n’empêchent en rien les lendemains qui déchantent ; au contraire, ils sont souvent proportionnels et intimement liés. Gérer le succès et ensuite sa retraite sportive expose parfois à des réalités et des descentes brutales. Et on ne passe toujours à travers les mailles du filet sans y laisser des plumes. C’est ce qui est arrivé à Catherine Tanvier, une ex-tenniswoman qui a commencé sa carrière à 15 ans et a excellé sur les courts français et aux jeux olympiques dans les années 80 pour finalement être classée dans les 20 meilleures mondiales.
Terrible paradoxe : je ne tenais pas encore debout qu’elle bondissait de victoires en exploits. Mais sa carrière a été brisée tellement tôt que je ne découvre son existence qu’aujourd’hui…
Et justement, elle raconte dans une autobiographie intitulée « Déclassée : De Roland Garros au RMI » sa vertigineuse chute. Ruinée par le Fisc, radiée du RMI, dépressive, elle vit à 42 ans chez sa mère à Nice.

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Décrite par Libé comme une autofiction très nombriliste, un récit bancal, baroque, barré, mais indiscutablement singulier et émouvant. Visiblement, ce témoignage hyper-corrosif (puisqu’elle n’hésite pas à épingler un "père" violent, la Fédé et les compét’) a profondément changé l’image que les gens se faisait d’elle à travers les médias, c’est-à-dire une jolie petite fille blonde, sage, moderne et bourg’ au look de "Suédoise" (c’était alors son surnom), très propre sur elle et surtout méga-sure d’elle. En réalité, elle était exactement tout le contraire et l’explique elle-même avec force : voilà ce qui me sauvera : mon orgueil démesuré, ma rancoeur
débordante, ma violence extrême, mon mécontentement généralisé, mes
révoltes sporadiques, ma vérité énoncée, ma liberté
individuelle…
Et cette superbe phrase-choc : J’étais seule, sans amis. Je n’étais pas vraiment heureuse.
J’étais une splendeur impénétrable, un mensonge
indécelable.

Ah oui, je sens la question venir : mais pourquoi ai-je décidé de parler d’elle dans mon blog ?
Pour plusieurs raisons :

  1. parce que j’aime bien suivre (modérément) le tennis féminin
  2. parce qu’elle est présente cette année dans les tribunes de Roland Garros
  3. parce que son 2ème bouquin est basé sur l’histoire d’une joueuse australienne qui cache son homosexualité face à une famille aux croyances étouffantes (ne vous ruez pas sur Amazon, il est pas encore paru ;)
  4. parce que (ah oui, j’ai oublié l’essentiel…) she’s bi et, en plus, selon Christine Angot ni consensuelle, ni
    conformiste, et ne laisse pas indifférent
    (e)… Et moi, je trouve personnellement qu’elle ne manque pas de charme (malgré une mine un peu fatiguée)
  5. j’avoue : c’est surtout parce que samedi pendant les longues heures d’attente en salle d’embarquement, ce genre de papier sur une ex-championne m’a véritablement changé des soporifiques actualités cannesques et législatives…

>> Trêve de blabla, foncez lire l’article de Libé, son interview dans JDD et visionnez son passage sur i-télé : elle revient vraiment de loin, cette fille…

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