Qui je suis et où je vais

Qui je suis et où je vais, c’est la question que je me posais avant de commencer cette aventure. Non pas que je doutais mais parce qu’il y a toujours une part d’imprévu et c’est tout l’intérêt d’entreprendre une marche (ou un pélerinage) comme celui de st-Jacques de Compostelle par exemple. Dans mon tête, cela devait être une expérience d’abord sportive et culturelle, peut-être ensuite spirituelle. À l’heure d’aujourd’hui, mon interrogation se résume à : où je vais et pourquoi j’avance. Non pas que la fatigue physique ou le poids du sac aient pris le dessus sur ma motivation, loin de là (et pourtant 13 kilos, c’est pas rien !).

Non, c’est elle. Non contente de confondre la montagne et moi, je suis fautive de ne pas avoir su lui délivrer les bons conseils lors des dénivelés importants. Bizarrement, quand d’autres pélerins l’encourageaient et lui redisaient qu’il s’agissait de l’etape la plus difficile, le sourire revenait au galop. De mom côté, j’ai dégusté en terme d’insultes, d’indifférence, de paroles haineuses, de scènes en public ou de discussions purement intéressés - ok, tu ne me fais pas confiance, ne m’écoute pas et je ne t’apporte rien. Et le mieux, c’est que tu ne te souviens de rien, à part fanfaronner devant tout le monde que tu as franchi cette étape (toute seule). Comme j’aimerais être à ta place où les autres te sont toujours redevables de quelque chose… Non, je n’etais pas là lorsque tu souffrais et peinais dans les montées.

Ce matin, ses autres compagnons de route apparemment ne suivaient pas le même trajet que nous et allaient même plus loin. Sans nous demander notre avis, elle nous a imposé sa présence, sans scrupule aucun ni excuses.

Notre 3e pote, en bon Samaritain, même si j’avance au même rythme que lui, je sais qu’il ne la lâchera pas, quitte à l’attendre indéfiniment et fréquemment… Et puis, j’ai un peu le mauvais rôle : celle qui fait la gueule tandis qu’elle n’a jamais été aussi resplendissante depuis qu’on ne s’adresse plus la parole. Ah oui, je n’existe plus. Au moins, c’est clair et la messe est dite.

Il me restent 3 options :
- continuer avec eux jusqu’au bout (si nous ne lâchons ou ne nous blessons pas avant et parvenons à nous supporter hypocritement sans violence) ;
- les quitter le + tôt possible et continuer ma route seule ;
- rentrer en France…

Epreuve de feu et chemin de vérité, cette aventure n’aura pas mieux servi de test sur nos capacités à se forger un moral, savoir faire des comproñis, apprécier l’effort à sa juste mesure, profiter des paysages, découvrir la définition/le sens/la profondeur de l’amour…

F*cking shitty life…

2 réponses vers «Qui je suis et où je vais»

  1. Lilylagoa dit :

    Salut toi,

    Ça va un peu mieux ?
    Je pense que votre périple vous éprouve aussi bien physiquement que psychologiquement. C’est réellement pas simple : la chaleur, le poids, les dénivelés, la fatigue, les baisses de motivation…

    Personnellement, faire une grande rando m’intéresserait mais je m’en sens incapable alors je vous admire… oui oui vous admire.

    Je comprends tout à fait que tu sois déçue par son comportement (d’après ce que tu nous racontes, je précise) mais peut-être n’as-tu pas le recul nécessaire car toi aussi, tu es fatiguée, sur les nerfs, épuisée et que cela peut prendre une ampleur dingue…

    Avez-vous pris le temps de discuter de ce qui se passe entre vous ? C’est pas simple de désamorcer les conflits mais s’enterrer dans les non-dits, ça sclérose pas mal l’ambiance et l’envie de fuir.
    Parle-lui des blessures qu’elle t’a faites et demande-lui pourquoi elle les a faites.
    Oui, je sais, c’est simple à dire quand on est extérieurs à la situation mais justement, si on peut aussi un peu t’aider dans ce qu’on perçoit à la lecture de ton billet…

    En tout cas, courage pour tout.

    Bizbiz

  2. yXeLLe dit :

    Merci pour ton com’ + les réactions sur FB… ça fait du bien de se sentir un peu moins seule au monde dans ce genre de situation.

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