Still on the way… Roncesvalles, Cirauqui, Viscarret, Pamplona, Subiri, Puente la Reina, Estella, Los Arcos, Torres del Rio, Viana, Logroño… les villes et villages de la Navarre (terres agricoles et…viticoles) se succèdent depuis déjà plus…d’une semaine. Nous avons quasiment perdu toute notion du temps et trouver la date et le jour est devenu un exercice ardu. Ici, il est la fois immatériel, volatile, extensible, physique, lié à l’espace géographique. Nous sommes le Temps.
Tout a failli basculer au départ en raison de plusieurs tensions et non-dits. Après avoir vidé nos sacs (dans tous les sens du terme) et discuté longuement, les choses ont fini par rentrer dans l’ordre. Desormais, chacun-e avance à son rythme avec ses forces et ses limites, l’objectif étant d’être bien dans ses baskets boots. Les rencontres internationales et inattendues sont toujours nombreuses, même si un genre de noyau type “colo” s’est formé (nous retrouvons souvent les mêmes visages dans les auberges).
Voguant ainsi libres sur les chemins tels des nomades, on pourrait croire être suffisamment détaché-e-s de toute pensée matérialisto-futilo-superficielle pour être capable de faire le vide, avoir suffisamment de recul sur sa personne, et faire naître le sentiment au-dessus de toute la m*rde ambiante de la vie “normale”… En réalité, cette sensation n’est qu’illusion : c’est le chemin et la terre environnante qui nous modèlent, sculpte notre pensée, notre corps. Nous sommes en permanente adaptation…
Une dernière réflexion. Le plus difficile sur cette longue route est-il de souffrir ou ne de rien sentir (ou extérieure à son corps) ? L’empathie n’est jamais une qualité acquise et je me sens souvent impuissante face à la douleur des autres. Fuck mes-pieds-lisses-même-pas-cornués…









