C’était la semaine dernière et j’ai ouï dire que c’était l’anniversaire d’Emilie Jouvet (ou plutôt, ce jour-là, facebook semblait bloqué sur cet événement). Non pas qu’on soit spécialement intimes, mais ça m’a fait penser que c’était l’occas’ de déterrer un article inachevé datant de 2 mois à son sujet (ou plutôt celui de son art). Rassurez-vous, c’est encore tout frais et je ne pense pas que la totalité de la planète soit au parfum du dernier film sorti de sa pellicule (dommage, ce serait génial).
D’abord, pourquoi est-ce une nécessité impérative d’évoquer le dernier Emilie Jouvet ? ( TOO MUCH PUSSY ! Feminist Sluts in The QueerXShow pour être exacte). Au risque d’ailleurs d’être dithyrambique, élogieuse et de vous saouler un long moment avec ça. Pas le choix, c’est au minimum une obligation morale d’en faire écho (bande-annonce). Autant l’incroyable “One Night Stand” n’avait pas forcément fait l’unanimité dans la communauté et parmi mes potes ; il avait même pu être perçu comme dérangeant par celles qui n’affectionnent pas le genre porno à la base, autant celui-ci ne pourra être qualifié à l’unanimité que de bijou absolu. Pas moins.
Et pas uniquement parce que nous étions nombreuses à avoir durement lutté et attendu pour le voir, pas parce qu’il est signé Emilie Jouvet et que mon idole Wendy Delorme l’a co-ecrit et y a joué, pas par solidarité lesbo-feministe, pas uniquement parce que le porno lesbien me fascine de par sa force créative et son extraordinaire diversité…
Flashback. 18h55 : alors que nous n’etions qu’une quinzaine devant le petit ciné de l’Archipel (boulevard Strasbourg-St Denis), une invasion de femmes débarquées d’on ne sait où a soudainement lieu. Nous sommes arrivées avant l’ouverture de la billetterie mais nous comprenons bien vite au nombre d’invités (VIPrioritaires), que cette idée était empreinte de naïveté. Pendant ce temps, 2 potes nous ont rejointes, Wendy s’est reconvertie en confiseuse et excelle dans la distribution de fraises tagada, Flozif sur son 41 fait des allers-retours incessants pour récupérer les guests égarées dans la foule, Dame-Pipi (.tv) mitraille la multitude sans ménagement tout en distribuant des micro-languettes URLisées (ce n’est pas sans rappeler quelques souvenirs clitorisiens). En parcourant les visages, on est assez rapidement pris d’un vertige car ils nous ramènent inexorablement à la flèche d’or et au pulp, faisant ainsi rejaillir une tonne de souvenirs. Un peu comme si je revivais en accéléré ces 4 dernières années. Trêve de nostalgie, nous apprenons subitement qu’à notre niveau dans la file,il y a extrêmement peu de chances que nous parvenions à avoir des places pour la séance de 20h. Tant pis, il faut cependant faire la queue pour s’inscrire sur la liste de 22h. Et puis, rebondissement : certains invités ne sont pas encore arrivés, ce qui signifie clairement que quelques rares places sont libres pour la premiere séance. Chanceuses, nous fonçons nous engouffrer dans la brèche.
La salle est petite, les sièges peu confortables, Emilie fait un discours en préambule, la salle s’éteint, puis la bobine est lancée. Ou plutôt la boîte de Pandore. Place au road movie, à l’affirmation féministe, à l’impro, à la liberté (rare) à disposer de son corps de femme. Et, vivre une telle expérience + la filmer, c’est déjà pas rien. Il s’agit véritablement d’un “doculte” queer pro-sexe et qui s’assume, une ode à la liberté totale, une manière de désacraliser le sexe-cliché (donc cloisonnant, avec des rôles déjà distribués à l’avance), sans oublier une B.O. de malade. Un truc évident mais presque révolutionnaire, qui réveille (dans le sens “fout une claque”), susceptible de faire avancer le schmilblick (la cause des femmes, en l’occurrence) à la vitesse grand V. Je sais pas si on peut le dire ou si c’est un gros mot, mais ça semble être ni plus ni moins qu’une démarche d’empowerment et d’émancipation. Eh oui, rien ne sert de geindre ou se plaindre, les choses ne bougeront pas si les filles ne prennent pas d’abord conscience de qui elles sont – vraiment. À la fin de la séance, c’en était presque émouvant de constater que nous ne pouvions cesser d’applaudir devant un tel exploit…
Je n’en dirai pas plus car je ne veux ni gâcher le plaisir des futures spectatrices (et spectateurs, il y en a et tant mieux), ni plagier les articles / interviews déjà parus à ce sujet. Après la projo, on a ensuite eu l’opportunité d’assister à une partie des échanges qui ont eu lieu au café (fort sympathique) – au nom évocateur – de la Petite Porte et de glisser quelques mots à Louise de Ville ainsi qu’à la très talentueuse monteuse du film (Valerie Mitteaux, si je ne m’abuse). >> Vraiment merci aux performeuses et à toute l’équipe du film. <<
Pour conclure, je reprendrai ces magnifiques phrases de Wendy : « Si en voyant ce film, on en sort avec la joie, et un sentiment de sororité, l’envie de monter des projets avec des copines, de continuer à créer de façon indépendante, c’est que le message est passé. Si on sort de ce film en sachant où est le col de l’utérus, comment la rage peut se transformer en créativité, la honte en fierté, et le désir de plaire en plaisir de partager, c’est une belle chose. »
Questionàlacon : après l’Archipel et le Brady, y aura-t-il d’autres projections, une tournée en province et/ou mondiale ?
- http://www.facebook.com/n/?event.php&eid=127321143964738&mid=274d5a5G2937093cG4d4cfbeG7
- http://www.tetu.com/actualites/france/emilie-jouvet-il-faut-reaffirmer-le-feminisme-17237
- http://www.barbieturix.com/2010/06/09/too-much-pussy-chaud-devant/
- http://www.facebook.com/notes/sylvie-cellerier/toomuchpussy-experience-chronique-dune-spectatrice/135691553111541
- http://www.sexactu.com/2010/07/12/too-much-pussy/
- http://www.secondsexe.com/magazine/Too-much-pussy.html
- http://endehors.net/news/too-much-pussy-le-long-metrage-d-emilie-jouvet-enfin-deflore
- http://theendofbeing.com/2010/08/05/too-much-pussy-emilie-jouvets-x-rated-road-movie/
- http://www.chronicart.com/queerje/queerje_210710.php
- http://vimeo.com/12347395
- http://vimeo.com/13234712
- la suite : http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/article/too-much-pussy/ (via Lily)
- contre-critique : http://blue-borderline.yagg.com/2010/09/13/linsoutenable-legerete-detre-lesbienne-selon-blue-borderline/
- « Too Much Pussy » raconté par ses actrices : http://yagg.com/2010/09/17/video-too-much-pussy-raconte-par-ses-actrices/














EJ, on aime.
Connais-tu Ghada Amer ? Perso, je découvre.
http://lesbienne.skynetblogs.be/
En fait, nous avons beaucoup apprécié l’exposition elles@ au centre Pompidou. On y a passé l’après-midi avant de fondre dans le Marais.
Bises
Oui, j’ai eu l’occas’ de voir l’expo Elles au Centre Pompidou et la richesse des installations ainsi que la diversité/la profondeur des travaux exposés m’ont subjuguée. http://www.flickr.com/photos/yxelle/sets/72157623991867464/
C’est loin d’être consensuel et des stéréotypes habituels. Difficile d’ailleurs de toute appréhender en une seule journée.
Le parcours de Ghada Amer est passionnant, tout comme ses sources d’inspiration (je viens de lire sa bio).
@+
Yeah, you rock XL
J’étais dégoutée que Djoul ne soit pas venue car elle avait peur de tomber sur un film de cul de plus et que ça ne pouvait donc que m’intéresser et non elle ! Lorsque je suis rentrée et lui ai raconté la trame et l’état dans lequel je planais, c’est elle qui était déçue de n’avoir point bouger son cul
Tant mieux si ça lui a mis l’eau à la bouche ! Je suis persuadée qu’y aura d’autres projections à la rentrée, pour se rattraper (je me referai bien une séance, perso
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