Journey core values

8 septembre 2009

Avant, j’avais l’impression que cette pub se contentait d’associer des mots vides de sens à de belles images et une musique d’ambiance relaxante. Et, enivré par l’idée de voyages, le spectateur se retrouvait envahi par un insidieux sentiment d’évasion et de bonheur, prompte à endormir sa raison et lui faire acheter un luxueux sac Vuitton à son insu… STOP, c’est mal ! (et puis Louis n’a rien d’un authentique et crasseux baroudeur, franchement)

Et puis, presque une demi-année après la diffusion de ce spot sur les écrans, j’ai marché quelques jours, progressé quelques semaines : je suis partie plus d’1 mois en fin de compte. Jusqu’à Santiago (et au-delà : Cabo Fisterra, en réalité). Aujourd’hui, en re-visionnant incidemment ces mêmes images et en re-lisant ces mêmes phrases, tout prend vie & signification. Je suis incapable d’expliciter cette sensation et ce changement, mais j’ai acquis comme une forme de certitude. Ou peut-être bien d’incertitude et d’ouverture. Rien n’est fixe, stable, posé, mais je cerne désormais un peu mieux mes contours et celui du monde dans lequel je vis. Car il n’y a pas que le voyage, mais aussi l’après-voyage qui est en soi une forme de cheminement. Je suis persuadée, à ce sujet, que l’itinérance et la rencontre favorisent particulièrement ce genre de réflexions.

What is a journey ?
A journey is not a trip.
It’s not a vacation.
It’s a process. A discovery.
It’s a process of self-discovery.
A journey brings us face to face with ourselves.
A journey shows us not only the world,
but how we fit in it.
Does the person create the journey
or does the journey create the person ?
The journey is like itself.
Where will life take you ?


Plaisiiiiirs de Femmes…

2 septembre 2009

Ma mémoire se brouille quand je tente de me remémorer par quel étrange hasard je suis tombée sur le spip-site InfoKiosques, mais une certitude demeure cependant : il s’agit d’un véritable recueil de pépites textuelles, notamment la rubrique Féminisme, queer, genre, sexualités. J’ai trouvé très bien écrit l’article des Farfadettes (from Nancy), intitulé “Plaisirs de femmes“. Il ne s’adresse pas seulement aux lesbiennes, peu importe le plaisir – sous toutes ses formes – est universel et le sexe ne devrait pas être un sujet tabou. Loin de se résumer à un manuel technique froid, voici des mots pour déculpabiliser les plus complexées d’entre nous et prendre véritablement son pied…

Un extrait (même si j’aurais volontiers tout copier-coller, tant les sujets abordés sont variés) :
« (…) Nous avons construit ensemble un espace unique… Un espace où nos corps sont libres, un espace où nous pouvons dire les choses, un espace pour expérimenter, découvrir, se laisser aller… Ensemble, nous avons reconquis nos corps… Nos corps qui si souvent nous paraissaient étrangers, extérieurs, lointains. Au fil du temps, les barrières sont tombées, et pour la première fois de notre vie, nous avons osé. Oser se raconter des choses, se montrer, se regarder. Oser se poser des questions. Nous avons appris à nous masturber l’une devant l’autre, apprenant ainsi ce que l’on aimait chacune. Nous avons appris à essayer : à essayer de jouer avec des objets, à essayer des stimulations annales. Nous avons appris à faire des sortes de “travaux pratiques”, des ateliers, des mises en situation… On se racontait nos difficultés, nos blocages, nos craintes, et on apprenait à les dépasser ensemble. Nous avons appris à nous parler pendant nos rapports sexuels, sans que ces mots soient gênants, sans qu’ils rompent le charme du moment. Nous avons appris des milliers de choses que jamais je n’aurais cru possible. »

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The Gouine Motor Becane Attitude

28 août 2009

Je déteste me conformer aux modèles imposés, je n’ai jamais su me contenter de la normalité, je ne veux pas me résigner à une vie médiocre passée le cul vissé devant un écran. Alors, en attendant de révolutionner ma life et la société, j’essaye d’appliquer des patchs d’optimisation et des rustines mélioratives. Bref – trêve de préambule à la c*n dénué de sens – tout ça pour dire que je suis en recherche perpétuelle de LA solution pour faire rentrer toutes mes activités dans mon planning existentiel qui comporte seulement 24 heures (et encore, entre 1/3 et 1/6ème étant consacrés à pioncer). Bref, m’extraire de mauvaises habitudes héritées d’une époque startupienne antique (à savoir démarrer la journée de boulot à 10h et la finir à 20h ou plus >> conséquence : zéro vie privée et loisirs).

© Ivan Illich / Carfree

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Under my skin

6 juillet 2009

Still on the way… Roncesvalles, Cirauqui, Viscarret, Pamplona, Subiri, Puente la Reina, Estella, Los Arcos, Torres del Rio, Viana, Logroño… les villes et villages de la Navarre (terres agricoles et…viticoles) se succèdent depuis déjà plus…d’une semaine. Nous avons quasiment perdu toute notion du temps et trouver la date et le jour est devenu un exercice ardu. Ici, il est la fois immatériel, volatile, extensible, physique, lié à l’espace géographique. Nous sommes le Temps.

Tout a failli basculer au départ en raison de plusieurs tensions et non-dits. Après avoir vidé nos sacs (dans tous les sens du terme) et discuté longuement, les choses ont fini par rentrer dans l’ordre. Desormais, chacun-e avance à son rythme avec ses forces et ses limites, l’objectif étant d’être bien dans ses baskets boots. Les rencontres internationales et inattendues sont toujours nombreuses, même si un genre de noyau type “colo” s’est formé (nous retrouvons souvent les mêmes visages dans les auberges).

Voguant ainsi libres sur les chemins tels des nomades, on pourrait croire être suffisamment détaché-e-s de toute pensée matérialisto-futilo-superficielle pour être capable de faire le vide, avoir suffisamment de recul sur sa personne, et faire naître le sentiment au-dessus de toute la m*rde ambiante de la vie “normale”… En réalité, cette sensation n’est qu’illusion  : c’est le chemin et la terre environnante qui nous modèlent, sculpte notre pensée, notre corps. Nous sommes en permanente adaptation…

Une dernière réflexion. Le plus difficile sur cette longue route est-il de souffrir ou ne de rien sentir (ou extérieure à son corps) ? L’empathie n’est jamais une qualité acquise et je me sens souvent impuissante face à la douleur des autres. Fuck mes-pieds-lisses-même-pas-cornués…


Qui je suis et où je vais

1 juillet 2009

Egaux en droits ou en devoirs ?

27 juin 2009

À l’occasion de la gaypride parisienne dont le thème est l’égalité, je reproduis un texte publié dans Métro qui m’a particulièrement marquée :

Homoparentalité et bioéthique : le législateur français toujours à la traîne

La tribune de Martine Gross, auteur de “L’homoparentalité”

L’homoparentalité est régulièrement évoquée dans les débats parlementaires mais le plus souvent pour être écartée. Ainsi, l’an dernier, le groupe de travail du Sénat sur la gestation pour autrui préconisait un encadrement légal de la pratique en la réservant aux couples hétérosexuels.

Plus récemment, le Conseil d’État, à propos de la révision des lois de bioéthique, propose de maintenir les conditions actuelles de l’accès à l’aide médicale à la procréation qui excluent les célibataires et les couples de même sexe et prohibe le recours à une gestation pour autrui.

Les femmes célibataires ou en couple devront continuer de se rendre en Belgique, Espagne ou au Pays-Bas pour avoir recours à l’Insémination Artificielle avec Donneur (IAD). Les couples, hétérosexuels ou de même sexe, devront continuer d’aller aux États-Unis ou ailleurs pour avoir recours à la Gestation Pour Autrui (GPA).

Plutôt que de se pencher sur un véritable encadrement éthique de l’aide médicale à la procréation, le Conseil d’Etat préfère draper notre pays dans une morale dont nos voisins les plus proches seraient dénués. Quant à l’intérêt des enfants ainsi conçus, le Conseil d’Etat fait à peine mine de s’en préoccuper. Ils n’auront droit qu’à un seul parent alors qu’en réalité ils sont quotidiennement élevés par deux parents, le deuxième étant sans aucun devoir ni droit.

La loi actuelle limite en effet l’accès à l’AMP aux seuls couples hétérosexuels souffrant d’une pathologie de la fertilité médicalement constatée, justifiant de deux ans de vie commune. De ce fait, elle divise les citoyens en deux catégories, ceux qui peuvent accéder à l’AMP et ceux qui n’en ont pas le droit et qui devront se rendre à l’étranger pour être aidé. C’est une loi porteuse de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et le choix de vie.

Les choix du législateur en 1994, « reposent sur la conviction qu’il faut donner à l’enfant à naître le plus de chances d’épanouissement possibles en le plaçant nécessairement dans le cadre d’un couple traditionnel et consentant » (Rapport Claeys et Hurriet 1407). Les gays et les lesbiennes, mais également les célibataires, les veufs et veuves, sont ainsi privés d’accès aux techniques procréatives au nom de la conviction que la famille hétéroparentale serait le lieu donnant le plus de chances d’épanouissement possibles à un enfant.

Remarquons que dans les pays où la loi n’interdit pas aux couples de même sexe de recourir à un don de gamètes pour procréer, voire à une gestation pour autrui, et où il commence à y avoir un recul suffisant, les études montrent que les enfants ne souffrent pas d’être élevée dans une famille homoparentale. En réalité, sous couvert de protection de l’enfant, c’est de protection d’une certaine conception de la parenté dont il s’agit. Conception selon laquelle la parenté se confond avec la procréation et les liens de sang. L’idée qu’un enfant puisse avoir deux papas ou deux mamans apparaît, dans cette acception, choquante. Dans les représentations sociales les « vrais » parents seraient les géniteurs. C’est pourquoi, lorsque les parents ne sont pas ceux qui ont procréé, le droit en France organise des fictions pour qu’ils puissent passer pour tels.

Être géniteur n’est ni nécessaire ni suffisant pour être un parent. Il conviendrait de cesser de confondre filiation et procréation, parenté et engendrement, liens affectifs, éducatifs et juridiques d’une part et liens biologiques d’autre part. Il s’agit au contraire de délier le juridique du biologique et affirmer qu’une filiation fondée, non sur des gamètes et des ovocytes, mais sur un projet parental responsable, qui ne doive rien ni au hasard ni aux obligations, est plus à même de constituer une famille − quelle que soit l’orientation sexuelle des parents.

Martine Gross est l’auteur de L’Homoparentalité, dans la collection Idées Reçues, aux éditions du Cavalier Bleu. Parution Mai 2009

En parallèle, il pourrait peut-être y avoir un semblant d’avancée concernant l’avant projet de loi relatif à l’autorité parentale et aux droits des tiers (mais prudence…).


Il y a 40 ans, les folles du Stonewall lançaient la révolution gay

26 juin 2009

Il y 40 ans, 200 homos d’un bar de New York résistent à la police qui les harcèle cinq nuits de suite. C’est le départ d’un mouvement de libération gay qui se poursuit partout dans le monde.


“Quand la police tenta de nous disperser, nous nous élançâmes contre elle : le moment était venu”, raconte Martin Boyce, un “ancien” de la révolte de Stonewall, d’où naquit la révolution gay. Le “Stonewall Inn” est le bar de Greenwich Village à New York où en juin 1969, la résistance aux raids de la police contre les homosexuels dura cinq nuits et pris une tournure parfois violente. “Ce fut un rendez-vous avec le destin pour chacun de nous”, poursuit dans une interview à l’AFP Martin Boyce, qui n’avait alors que 16 ans. La révolution était alors à la mode, des mouvements étudiants de 1968 aux militants pour les droits civils ou contre la guerre du Vietnam. “Les hippies et les Black Panthers détestaient la police, et nous nous sommes ralliés à la vague”, dit Robert Bryan, 63 ans, autre “ancien combattant” de Stonewall. La nuit du 28 juin 1969 était une nuit de pleine lune, il faisait chaud. “C’était un vendredi, tout le monde était sorti”, se souvient Robert Bryan. Au Stonewall, quelque 200 jeunes, “drag queens” et lesbiennes inclues, s’étaient retrouvés dans le seul établissement gay qui avait une piste de danse, quand la police fit irruption dans le local. “Les événements ont échappé à notre contrôle”, explique Robert Bryan. Des homosexuels qui se trouvaient à l’extérieur, dans Christopher Street, sont arrivés à la rescousse. Les affrontements se terminèrent par 13 arrestations et quatre policiers blessés, selon la presse new-yorkaise. Les quatre nuits suivantes furent également agitées, et également réprimées, mais le mouvement d’émancipation gay était né. Depuis lors, chaque année, New York célèbre la date avec un défilé, la Gay Pride, prévu dimanche sur la 5ème avenue.

La Bibliothèque publique de New York présente à l’occasion du 40e anniversaire une exposition de photos, et les cinéastes Kate Davis et David Heilbroner ont montré des extraits d’un documentaire qui sera diffusé sur la chaîne publique PBS en 2010. Des mouvements d’émancipation homosexuelle avaient existé bien avant en Occident, mais ils étaient élitistes ou marginaux. “Stonewall en a fait un mouvement de masse, et s’est inscrit à tout jamais dans l’histoire politique américaine”, souligne David Carter, auteur du livre “Stonewall: les protestations qui enclenchèrent la révolution gay”.

Aujourd’hui, New York n’est plus à l’avant-garde. La légalisation du mariage homosexuel est toujours en attente d’un vote au Sénat local, et la vie nocturne s’est déplacée à Londres, Berlin ou Buenos Aires. “Il y a des bars gay partout, mais ce n’est plus du tout pareil”, dit Robert Bryan, qui évoque “l’explosion” des années 70, avant l’épidémie de sida des années 80. “Il y avait des camions qui stationnaient sur Christopher Street près de la voie rapide, ils restaient ouverts toute la nuit. Il y avait des centaines de mecs qui venaient, c’était une grande orgie. Et c’était tous les soirs”, se souvient-il. “Puis sont venus les quais abandonnés, les bars cuir du Meatpacking district”, devenu depuis un quartier de boutiques et de restaurants hors de prix. “40 ans après Stonewall, on peut penser que le droit au mariage pour les gays devrait être une loi fédérale”, déplore Yvonne Ritter, transsexuel de 58 ans, actuellement infirmière auprès de patients atteints du sida. Le 27 juin 1969, Yvonne fêtait ses 18 ans, et le jour suivant elle empruntait une robe à sa mère pour aller à Stonewall. “Ce fut un engrenage, un mécanisme qui aida à changer les attitudes”, dit-elle. “Mais il y a encore du chemin à parcourir”.

(source : e-llico)


Trans fight

20 juin 2009

Demain, nos zami-e-s lyonnais-e-s défileront à la gaypride sur le mot d’ordre : « Respectons la transidentité, refusons la transphobie. » (très proche du thème de l’idaho 2009)

Pour l’occas’, j’ai eu envie de ressortir cette petite vidéo aux arguments infaillibles, à propos de l’ineccaptibilité et l’inexcusabilité de la transphobie banalisée (qui se cachent souvent des phrases et attitudes soit-disant “maladroites” mais pleines de mépris en réalité) :

Lost in translation ? Go here !

Et nous, que ferons-nous ? Maybe that ou la fête de la zizik…

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Cause commune

11 juin 2009

Quand Benoît XVI a fait polémique fin mars avec ses paroles pour le moins choquantes sur le préservatif “qui ne fait qu’aggraver le problème du sida”, j’étais à la fois écœurée et blasée. Car, de toutes les manières, qu’attendre d’autre de cette Eglise ? Un silence salvateur mais à double tranchant (comme celui de JP2) ou des responsables ecclésiastiques sans tabou qui tiennent parfois des propos parfois très préjudiciables pour le travail réalisé par des acteurs de terrain… Dans mon asso [qui lutte contre le sida], les réactions ont varié du tout au tout selon la localisation géographique et le communiqué de presse en 3 lignes qui a émané des “hautes instances” était tout juste bienveillant à l’égard des personnes concernées. Une fois le soufflet de la colère retombé, j’ai personnellement préféré ne pas m’immiscer dans les débats stériles qui opposaient (et caricaturaient) les débauchés de la capote aux abstinents fidèles au Pape (essentiellement sur la Toile). Se justifier sans fin et choisir son camp…et pendant ce temps-là, des Hommes continuent à crever dans l’indifférence générale. Parce qu’ils n’ont pas eu l’information (ou la mauvaise info) OU pas eu le choix OU pas eu accès aux moyens prophylactiques OU pas pu se soigner OU qui ne sont tout simplement pas nés au bon endroit… Sans parler de tous ceux qui jouent à la roulette russe à chaque rapport en pensant qu’un test de dépistage hebdomadaire les protègera de l’infection au VIH (non, je ne déconne pas et ça se passe aussi ici).

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Parmi les litres de productions littéraires dythirambiques qui sont parues dans la presse et sur le net, je voulais faire mention en particulier de l’article gayrillé (de grande qualité) de mister Finis Africae.

Et puis, il y a cet édito – très juste – écrit par Bruno Spire, lu dans la revue “RemAides” (ce n’est pas tous les jours que dis du bien de Aides, alors…) :

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Impénétrable !

« Au rythme où vont les choses, il faut s’attendre à ce que le Vatican nous assène, d’ici peu, que la terre est plate ou que c’est bien le soleil qui tourne autour d’elle et non l’inverse ! La récente sortie de Benoît XVI sur le sida en Afrique et plus spécifiquement sur l’effet néfaste qu’aurait le préservatif, a suscité, partout dans le monde, la consternation. Ce n’est pas tant le mépris affiché à l’égard de cet outil de prévention (l’Eglise catholique en est coutumière) que la virulence de l’hostilité à l’égard de la capote qui “augmenterait le problème du sida” qui a choqué. D’ailleurs, contrairement à ce qu’on cherche à faire croire, le discours du pape n’a pas indigné que dans les pays du Nord. Il est aussi critiqué dans les pays africains, notamment par les acteurs de prévention. Qu’on s’en désole ou qu’on s’en réjouisse, la parole du pape est écoutée. Elle fait même autorité auprès de nombreux gouvernants. Et que dit-elle ? Elle dit qu’”on ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, cela augmente le problème.” Mais qui prétend que le préservatif est l’unique réponse ? A vrai dire pas grand monde. Il suffit d’aller en Afrique pour voir que le dépistage, l’accès aux antirétroviraux, la lutte contre la stigmatisation font aussi partie de la solution et complètent, depuis longtemps, la promotion du préservatif. L’Eglise, elle, entend remplacer le préservatif par une extension de la chasteté, de l’abstinence et de la fidélité.

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A la sexualité protégée par le latex, elle subordonne le contrôle (la chasteté), la privation (l’abstinence) et le respect de la foi donnée (la fidélité). Bref, elle parle moins de santé publique, que de morale. Elle est peut-être dans son rôle. Mais l’est-elle encore lorsqu’elle tient des propos faux et dangereux ? Certainement pas. L’Eglise catholique cherche à faire croire que la capote et
ceux qui l’utilisent seraient diaboliques. Quels sont les résultats de ce sermon ? Quel est aujourd’hui le succès des programmes qui vantent la chasteté, prônent l’abstinence et portent au pinacle la fidélité ? La science le démontre : les programmes d’abstinence sont inefficaces, alors que la promotion du préservatif montre une efficacité chez ceux et celles qui l’utilisent. Le chiffre de 22 millions de personnes touchées par le VIH sur le continent africain devrait faire réfléchir, même au Vatican. Dans ses propos, Benoît XVI défend une “humanisation de la
sexualité”. Une façon d’affirmer que la sexualité doit être plus respectueuse des individus, les uns par rapport aux autres. Le problème, c’est que l’Eglise a une conception à la fois étriquée et
sectaire de la sexualité. Sectaire parce qu’elle bannit, entre autres, l’homosexualité. Etriquée parce qu’elle ne jure que par le mariage et la fidélité. Du coup, par un raisonnement aussi moraliste que faux, elle fait croire que s’il n’y a pas de préservatif, il n’y aura pas de “vagabondage sexuel”. Car c’est bien cette thèse-là que dessine l’argument de la capote qui ferait le jeu du sida. Ce discours, délibérément obscurantiste, se double d’un message compassionnel.
L’Eglise catholique éprouve de “l’amitié pour les souffrants”. Nul n’en doute et l’engagement de personnes ou institutions catholiques sur le terrain de la lutte contre le sida est souvent reconnu, apprécié et salué. Pour autant, l’Eglise, avec les propos du pape, montre ses faiblesses et ses limites. Elle n’essaie pas d’éviter les contaminations, elle méprise même les besoins financiers nécessaires aux malades, elle assure juste qu’elle sera là pour les mourants. C’est cela que disent les propos du pape. Ces derniers ne sont pas le malencontreux résultat d’un dérapage, ni une bévue, ils font partie d’une stratégie délibérée contre les “pécheurs”, révélés par l’utilisation du préservatif. Après la condamnation morale par le pape, sont arrivées les sorties sur les Africains qui utiliseraient les capotes pour plusieurs partenaires et plusieurs fois la même, puis le doute sur la fiabilité technique avec la sortie de l’évêque d’Orléans sur le virus du sida minuscule qui traverse le latex. Cette stratégie est réfléchie et concertée. Elle a des allures de croisade inquisitrice contre tous ceux qui ne respectent pas le dogme catholique. Et si c’était cela la vraie cible du pape ? Aujourd’hui, les défenseurs du pape affirment qu’il a mal été compris. C’est tout le contraire, on ne l’a que trop bien compris et son message fait peur parce qu’il affirme que la morale doit dominer la science et que le dogme prévaut sur la vie. »

Bruno Spire, président de AIDES

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European ‘elgibiti’ rights

6 juin 2009

Grâce à ma voisine, digne descendante d’Arsène Lupin mais la classe en moins je n’ai pas reçu que samedi (à la veille des élections !!!)  les programmes pour les Européennes. Néanmoins, ça n’empêche pas de s’y intéresser de près et d’aller voter, histoire de peser plus qu’eux. Comme Juliette (Dragon) et Cécile (Anatomie Bousculaire) l’exprimaient si bien hier : People’s got power.

Suffit d’y croire…et d’agir un peu dans ce sens-là :)

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