Go f*ck URself

5 juin 2009

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Samedi soir dernier, j’ai fait l’expérience douloureuse de la méga prise de conscience, telle une déception immense ou une grosse claque. Genre gueule de bois puissance mille. Un peu comme se réveiller un matin et comprendre que de toute façon, il n’y a pas d’espoir, le monde est pourri et gangréné, notre génération foutue. No future, point barre.

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Mais on va commencer par le positif parce que je garde de cette soirée – malgré tout – un bon souvenir. De par la variété de sa programmation artistique et les réflexions suscitées. Après avoir speedé pour  m’extraire du festival Art-Rock et chopé le dernier train pour Rennes (et dieu sait qu’il passe tôt à st-Brieuc) pour rejoindre la MJC du Grand Cordel. En attendant que le soleil se couche et la soirée ne commence, on en a profité pour faire connaissance avec d’autres visages pas méconnus (à force) et mettre des visages sur des pseudos. Bref, il était tard mais faisait encore jour, rien de plus plaisant…

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On entre tout doucement admirer les expos. Culture Touf : des photos du concours de poils pubiens. Peach alias Aurélie Cenno et ses images de  barbies torturées par des sales gosses, vendues sous forme de…magnets ! Iza Iza et ses peintures au style très subjectif. Nathalie Mondot, photographe déjà aperçue à la dernière soirée, shootera à cœur joie ce soir. Enfin, Maboo qui fresquera en live pendant les concerts une grande toile spéciale “chattes hurlantes”.

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Et ça démarre fort, avec le groupe auteur du Flash Porn Act : Strap-on dildoS, des lesbiennes féministes pro-sexes et lilloises, auteures d’un show VJ mixé et performé, une vraie bulle d’oxygène dans son approche ludique et décomplexée de la sexualité et des genres. Enfin, c’est ce que je croyais, mais l’accueil d’une majorité du public (non mixte, pour rappel) a été plus que froid ; j’y reviendrai plus bas.

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Ensuite arrivent les Big Boss Ladies, un groupe de rock nancéen qui dépote. À elles 2 (pardon, 3 avec la Rolande), elles assurent grave malgré une baffle corriacement muette. Puis, la fille de Brooklyn aka Ill Ease, une guitariste-bassiste-batteuse-chanteuse incroyable et dopée à je-ne-sais-quoi. Jamais vu ça auparavant. Elle joue présentement son nouvel album et invite une fille du public à danser sur scène, une autre à la batterie et in fine la batteuse de Big Boss Ladies. Un set qu’on aurait voulu sans fin ! Très tardivement, les Human Toys (déjà aperçues lors d’une Clitorise) se produisent, des filles complètement électro-psychédéliques avec des séquences projetées hypnotisantes à souhait. Enfin, la nuit se termine sur un mix funky/jungle de DJ Mac l’Arnaque et ses enchaînements hyperrapides…

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* Beaucoup de bruit pour rien ?

Pendant le show de Strap-on dildoS, des meufs se sont mises à gueuler (à la vue des godes et des images filmées des pratiques “hétéros” des drag-kings) à plusieurs reprises : “coupez les bites, on est des lesbiennes !” Sans parler du reste de la salle quasi tétanisée et une atmosphère à couper au couteau, vraiment irrespirable.

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Alors, je voulais dire d’abord merde : quand tu vas à une expo qui t’ennuie profondément (mmm, j’aime ce mot), tu te mets pas à insulter les tableaux, installations, sculptures, dessins, que sais-je NI l’artiste… Alors ? là, c’est le même principe : si tu te fais chier, tu prends sur toi et tu te casses. Ça s’appelle le respect, subtile, hein ? Eh oui, et puis si t’es restée que 20 minutes à la projection, tu commences pas à tailler en pièces ce que t’as pas vu, ok ?

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Sinon, tu connais le second degré, tu sais qu’on n’est nullement obligé de tout prendre au sérieux dans la vie et qu’une œuvre comporte plusieurs niveaux de lecture et sert souvent à questionner. Enfin, à la rigueur, plutôt que de beugler pendant le travail des artistes, tu as au minimum le courage d’aller débattre et polémiquer avec elles après le spectacle (sauf si c’est pour leur sortir, exhibant son aisselle devant le nez : “les dildos c’est pas subversif, les poils siiii !”) Nan, même pas, lâche jusqu’au bout ?

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Pour revenir au fond du problème, si j’ai bien compris, toi, tu t’estimes lesbienne parce que tu t’identifies de manière [quelque peu réductrice] à un clito ou un vagin et que tu détestes la pénétration/les bites/la fellation/les poils (beurk, beurk et re-beurk) ??? Mais, au fait, à la base, t’aimes un tout petit peu les individus de sexe féminin ou tu te contentes juste de ça, faute de mieux ? Eh nan, je n’essaye pas de me dédouaner de mon terrible passé de tôlarde d’hétéro, juste de comprendre ce qui te définit.

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Désolé mais si c’est ça, du statut étiqueté de lesbienne je préfère démissionner plutôt que de mourir stupide et frustrée. Parce que, vois-tu, j’aime le sexe (même pas peur de le revendiquer) et l’idée de me faire pénétrer/sucer/goder/enculer m’est particulièrement plaisante. Pire, je trouverais même ça foutrement excitant de le faire à quelqu’une. Mon intimité ne te concerne pas et qu’on ait des pratiques différentes au pieu n’est pas un drame en soi. Par contre, que tu me considères comme un monstre pervers ou une traînée me dérange profondément, encore plus quand tu m’insultes indirectement. Ah bon, se travestir en mec et être harnachée d’un gode ceinture, c’est se compromettre en tant que fille ??? Oups, quelle trahison !

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Ô vous les intégristes de la secte du Dogme Lesbien, relisez bien ça ou expliquez-moi comment vous vous êtes retrouvéES à cette soirée, si ce n’est par hasard. Parce que l’hypocrisie et jouer les vierges puritaines effarouchées à la vue d’un dildo ou d’un pistolet à eau, ça va un temps. Mais à un moment, va p’têt’ falloir assumer ses pratiques, nan (6 lesbos sur 10 se godent) ? Et également vos contradictions ? parce qu’être butch et refouler l’idée-même de masculinité, c’est quand même un grand paradoxe en soi. Eh oui, désolé mais Mattel ne commercialise pas encore ce modèle de barbies… Tsss, des fois, j’ai l’impression qu’il faut réécrire l’Histoire à chaque génération (et refaire les mêmes erreurs) tant nous méprisons le passé et sommes souvent plus réacs et rétros que nos mères et grandes sœurs…

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Hey, Emilie Jouvet et toute sa bande, Wendy Delorme (d’ailleurs, à la Babydoll de vendredi qui vient…), Louise de Ville, Sexy Sushi, les organisatrices des Ladyfest, Maria Beatty, Marie-Hélène Bourcier, Judith Butler et tant d’autres (en vrac et à des degrés divers de militantisme), venez  éduquer et conter les délices de la culture Queer (et sa richesse) à certaines lesbiennes de province ! Je m’explique : par là, je veux dire que le fait à Paris de côtoyer nos-zamis-les-gays-du-Marais me donne la très nette impression que cela nous rend 1000 fois moins misandres que les filles qui vivent dans une grotte un cercle hermétique et fermé (j’y vais pt’êt un peu fort mais j’ai toujours pensé que c’est peine perdue de chercher à être tolérant avec les gens connement intolérants).

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Là, je fais allusion à la réaction des meufs à la vue d’un mec qui voulait entrer demander la programmation de la MJC, au petit matin. Certaines sur le ton de l’humour, d’autres non, l’ont insulté et lui ont gueulé dessus comme si toute son espèce [de mâles] était coupable de la misérable condition actuelle des femmes. Merde, vous faites ça à tous les types que vous croisez dans la rue, vous êtes persécutées à ce point à Rennes (ou ailleurs) ou c’est “à chaque fois” la première fois que vous croisez un individu munie d’une bite ???

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Bref… Ou alors, c’est par exemple les programmations barbieturixiennes and Co, très ouvertes (et avant-gardistes, il faut croire), qui ont tôt fait de nous convaincre (si ce n’était déjà le cas) que la sexualité était aussi une immense aire de jeu fluctuante et que les codes [hétéros] étaient faits pour être détournés, et ce, même devant un public très mixte. Attention, je ne tente pas d’imposer vainement MON point de vue ; je me demande juste…pourquoi tant de haine gratuite avec des gens un tant soit peu différentEs ? Eh oui, on peut se dire féministe en trouvant qu’effectivement notre société est “phallocentrée”, en soutenant à la fois des actions comme celles de la Barbe et en admirant le travail de pornographes, c’est possible !!

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Ah oui, pardon, après le show, j’ai préféré aller discuter avec les performeuses pour comprendre leur démarche et en savoir plus sur la réception du public dans d’autres lieux, plutôt que de m’embrouiller avec des meufs un peu trop imbibées (mais pas assez pour crier “coupez les lesbiennes, on est des bites“, dommage). Pour conclure sur cette affaire, j’ai la grosse impression qu’il y avait 2-3 grandes gueules et du coup, le reste de la troupe craignait d’afficher son ressenti, d’où l’accueil hyper- glacial… Mais la bonne nouvelle, c’est qu’un gode a réussi à être subtilisé à cette soirée : franchement, que peut-on en conclure ??

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Sexagonal

4 mai 2009

Etude sexualité des français - Avril 2009

Ah bon, 11% des femmes ont déjà éprouvé un désir pour une autre femme ??? (où ça, où ça ?)
Ça représente à la fois beaucoup (1 femme sur 10, ça minimise grandement le risque de se prendre des rateaux) et peu à la fois, surtout quand on s’aperçoit que seulement la moitié semble avoir finalement concrétisé ce désir en passant à l’acte.

Etude sexualité des français - Avril 2009

La schématisation et le classement des individus par sexotype me laisse un peu perplexe. Et vous, où vous situez-vous ?

En savoir plus :


Dyke pour les nulles

10 avril 2009

(source : lanternebrisee.net)

Cette planche vous a plu-e-s ? Et bien za moa aussi !

Forcément, dans ces “premiers pas” et cette foule d’interrogations angoissantes qui monopolisent nos pensées (quand on décide de sortir du placard), on s’est plus ou moins reconnues. Et ça donne grave envie de lire le bouquin !

Cékiki ? Axelle Stéphane, auteure de les filles ont la peau douce.

D’après le sommaire, ç’a l’air d’être un genre de “goudou guide” sympa et marrant (à vérifier…qui me l’offre ?), illustré avec le personnage de la p’tite Blan !

Résumé de ce bouquin qui a le mérite d’exister (enfin !) :
Le désir entre filles, l’amour entre filles et ses questionnements, ses peines et ses joies. Alors que l’on s’éveille à ce désir, quels que soient son âge et les circonstances, il semble n’exister que pour soi…
On en entend si peu parler et surtout si mal. Car quand on en parle, c’est souvent pour s’en moquer, le nier ou le rejeter afin de mieux cacher que le monde a peur des filles qui aiment les filles.
Ces réactions peuvent rendre difficile le cheminement émotionnel et sexuel de chacune.
C’est pourquoi, rythmé par les témoignages de Nadia, Isabelle, Alice et leurs copines, ce guide a vocation à aider les lesbiennes à construire leur identité en conjuguant connaissance de soi et attention à l’autre.

On peut l’acheter sur le net et dans toutes les bonnes librairies (à commencer par celles du Marais). De plus, une rencontre avec Axelle (gare à ne pas confondre avec mon nom de scène) sera organisée vendredi 10 dans les locaux de Contact Paris. Donc, aucune excuse de passer à côté !
Et si vous pensez connaître toutes les facettes et les secrets du code de la lesbianitude et êtes une ès-Shane accomplie (dans le sens “tombeuse”, simplement en dévisageant une meuf canon), faites plaisir autour de vous. D’ailleurs, je reste persuadée que cet ouvrage n’est pas réservée qu’aux bébés dykes…


Lance-toi

20 mars 2009

En France, 28 à 30.000 personnes souffraient du Sida à la fin 2007, année au cours de laquelle environ 6.500 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH.

Dans le monde, quelque 33 millions vivaient avec le VIH/sida en 2007. L’Afrique sub-saharienne reste de loin le premier foyer d’infection avec 67% de la population mondiale infectée, dont près de 90% des enfants touchés dans le monde.

Onze chaînes de télévisions (TF1, l’ensemble des chaînes de France Télévisions, RFO, Canal+, Arte, M6, W9 et LCI), et les radios Europe 1, France Inter, France Info, France Bleu et RTL vont multiplier les programmes du 20 au 22 mars pour sensibiliser leurs auditeurs, via des reportages notamment, et les inviter à faire des dons (par téléphone en composant le 110, par SMS avec le mot “don” envoyé au 33000 et par internet sur le site www.sidaction.org).

Quant à l’affaire papale (pétition), j’en pense bien des choses, oscillant entre une réaction modérée et une un peu plus NRV, voire actupienne. En restant extrêmement circonspecte quand j’entends que nous ne devons pas imposer notre point de vue d’Occidentaux hédonistes au langage cru (et nos comportements sexuels décadents) à l’Afrique…

Plus d’infos sur le sidaction et sur la stigmatisation

PS : signe ou non, ce matin, mon bracelet Sidaction s'est brisé.
Et manque de bol, il ne figure plus au merchandising...
Au fait, j'avais fait quel voeu avec celui-là ???

Métamorphoses du désir

1 mars 2009

« Sortie sur tes traces, nue dans la neige, incertaine et belle à courir vers toi, mon amour, nue et le souffle court, folle de tes yeux, de la pointe de tes lèvres, folle, folle, folle, nue, sauvage, secouée de frissons, le cœur affolé, nourrie de chaleur animale, poisseuse, collante, débordante dans la nuit des sapins, égarée entre tes jambes, entre tes seins, entre tes fesses, entre tes bras, entre tes yeux, amoureuse fiévreuse, grelottante et perdue, éperdue de ton ventre, de ton nez, de tes dents, prisonnière de tes doigts, fondante, mouvante, dansante sur ta langue, ton geste de langue à sucer, te sucer, boire ta bouche et serrer ta tête, ta chevelure flamboyante, mes cheveux entre tes doigts, plantée sur tes doigts qui me fouillent, me possèdent, me possèdent, me dépossèdent, t’appartiennent, ma femme, ma chérie, femelle harponneuse que je poursuis dans le noir de mes rêves, dans notre nuit d’amour où tu m’as fait mal, où tu m’aimes, m’emporte contre ton sein où je m’endors brûlée, brûlante, haletante, les mains sur tes hanches, sur ton ventre, ton vagin, le repli de tes lèvres noyées de sang.

(…) J’aime quand tu montes sur mes lèvres.

Des trains aux vapeurs de l’amour.

… debout sur la pointe de nos pieds, nos orteils écrasés sous notre poids, notre poids nu, glabre, épilé des chevilles jusqu’à la nuque, nues et froides, bleutées, le visage criblé de veines, de veines en réseau, ce tamisage de nos peaux de cire, transparentes, habillées de sang sombre d’où ont éclos nos lèvres saillantes, turgescentes, chargées de pulpe rose, luisantes, taillées de langues pointues debout sur la pointe de nos pieds, nos orteils écrasés sous notre poids, notre poids nu, …

Des petites fleurs en guise de bouquet pubien, un adorable caprice de la nature.

J’étais devant la glace, les seins en liberté, lorsque des mains, des doigts surtout, prirent possession de leur indolence.

Continuant de me maquiller, je ne pus résister longtemps à ce jeu qui finit par mouiller ma culotte et me rendre folle,

Follement furieuse et excitée.

Rien ne semblait pouvoir faire reculer ces attouchements matinaux, absolument rien.

Et ma résistance, qui a de faibles limites dans ce domaine, disparut devant la glace.

J’étais belle, perdue dans des bras nus, tripotée d’une manière indécente qui me faisait ressembler à un objet.

Je me trouvais très belle, m’admirais comme s’il ne s’agissait plus de moi, observais ce corps abandonné

Qui attendait la suite, la recevait telle une offrande, acceptait tout, entièrement tout.

(…) Pendant la sieste, nos corps assoupis par nos ventres pleins se réveillent d’un petit creux à combler.

En ce moment, je suis fascinée par les carottes.

Leur aspect phallique m’intrigue.

Je me demande laquelle me conviendrait le mieux.

C’est fou la diversité qu’on rencontre dans un cageot.

Jouir sur une carotte et la croquer pour le teint.

Je songeais tout à l’heure, en marchant suspendue à ton bras, dans quelle position j’aimerais mourir, me sentir partir.

Je prend beaucoup de plaisir les jambes écartées, accoudée ou relevée sur trois coussins, à t’observer me doigter, me lécher.

Je crois que c’est ainsi que je voudrais jouir, si tu me le demandais.

Nous promenions notre amour, enlacées au bord du canal du midi,

Abritées des feuilles qui tombaient des arbres, sous notre grand parapluie de bergère rose bordé d’un liseré flottant d’une fine dentelle de soie blanche.

Je photographie ton visage, le collectionne.

Jamais par nos doigts notre amour n’a serti notre vie d’autant de bonheur.

Nos ventres nous promènent dans des forêts de fines mains, de broussailles aux longs doigts, d’herbes de phalanges cassantes,

Où rodent quelques langues rampantes, quelques machines à jouer électriques,

Des plaintes de femelles blessées, de féroces morsures coupantes, des sussions aspirantes et des bises amicales.

Que ce soit toi ou moi, mon amoureuse discrète, Fiona, ou Anaïs,

Nous toutes festives.

J’avais envie de moi, comme cela m’arrive souvent en présence de personnes que j’aime.

Nous étions presque seules, je rougissais en commençant à mouiller de trop, un peu perdue, un peu gênée.

Heureusement, tu me connais suffisamment pour me prendre par la main sans un mot et m’entraîner dans quelque abri de fortune

Pour nous aimer.

(…) Nous étions enlacées, troussées et déboutonnées, à la lisière d’un bois de chênes, nous aimant à quatre mains, en râlant dans l’air froid, sous nos manteaux.

En retournant, j’avais les seins mâchés, le ventre brûlé qui me démangeait, les reins douloureux, l’envie tenaillée au ventre de reprendre, de recommencer.

En achetant du pain pour le dîner, j’étais encore chancelante, droite et perturbée, essayant de garder de la contenance sous l’œil averti d’une vendeuse quinquagénaire.

Week-end délicieux qui se termine dans un bain moussant d’essences apaisantes.

Ton corps qui se rapproche du lit, qui m’accompagne.

Les rêves s’écoulent dans la paix, l’une à l’autre,

Comestibles et fondantes.

Les jeux de ton petit doigt gauche.

Nos lèvres rebondies, nos baisers paresseux.

Nos doigts sioux sur les pistes érogènes de nos prairies vallonnées. »

(extrait de ‘Nue’, Florence Sis)


Les contours du porno lesbien

24 février 2009

Pour inaugurer les débuts de TetuE (qui, à proprement parler, n’est pas une grand révolution en soi tant elle arrive tardivement…) et son partenariat d’avec Rue69, révision de nos grands classiques !

Les lesbiennes et la pornographie. Voilà un sujet brûlant qui continue de passionner les filles, et de les diviser. Leur avis sur la question ne souffre aucune tiédeur: certaines adorent, et peuvent même devenir de vraies obsédées, beaucoup d’autres détestent. Mais les films de lesbiennes réalisés par des lesbiennes pourraient changer la donne.

Beaucoup de lesbiennes ne sont pas excitées par les images de leur sexualité “nue”, elles ont besoin d’un scénario ou d’une rêverie pour enrober leurs pulsions. Elles ne trouvent pas d’intérêt à voir sur écran ce qu’elles préfèrent vivre dans leur chambre à coucher.

“Même si ce genre de films peut avoir un effet excitant, ce n’est pas comme ça que j’envisage ma sexualité, explique Za, une Nantaise de 33 ans. Je préfère le contact et le réel plutôt que de voir ça sur un écran. Je suis mille fois plus excitée par la respiration d’une partenaire réelle que par un film porno, qui n’est pour moi que le reflet d’une excitation purement mécanique, et qui, en tant que tel, n’a pas grand intérêt.”

Aux pornos, elle préfère ses “fantasmes” et autres “délires intellectuels” sur lesquels elle peut se laisser aller librement. Peut-être une façon d’échapper au fait que les lesbiennes ont toujours été hyper présentes dans l’imaginaire sexuel hétéro masculin, en rejetant en bloc le porno, assimilé à une “pratique sexuelle”, pour une sexualité plus soft.

“Je préfère un film érotique plutôt qu’un porno. Je suis plus attirée par ce qui est suggéré que par ce qui est présenté crûment”, poursuit Za.

Excitée par les pornos gays ou hétéros

Pour d’autres, qui préfèrent également l’érotisme lesbien à la pornographie, il est plus facile de se réfugier dans l’univers du porno gay, où elles peuvent projeter ce qu’elles veulent sur deux garçons qui baisent ensemble.

Anne, Parisienne de 30 ans, est beaucoup plus excitée par les pornos gays ou hétéros, car pour elle “la vue d’un pénis dans un cadre uniquement porno” est excitante:

“En revanche, je suis beaucoup plus émoustillée par une scène érotique lesbienne du genre de celles vues dans The L Word, que par n’importe quelle scène de baise hétéro dans un film non-porno. C’est sans doute là que se joue la différence entre le fantasme et l’identification.”

Avoir un pénis –ou lui substituer un sex toy– et vivre les scènes de séduction ou de sexe vues dans les films sont des fantasmes partagés par beaucoup de filles. Ainsi, la rédactrice en chef d’une revue lesbienne étrangère est, elle aussi, davantage excitée par les pornos gays.

Mais elle souhaite rester anonyme, car ce n’est pas politiquement correct pour une lesbienne de dire que la vue d’un sexe d’homme, hors contexte, peut être excitante. Pourtant, certaines adorent s’imaginer baiser une autre fille avec un pénis, vivre une sexualité de gay à l’intérieur d’un corps de fille.

Pour d’autres, la pornographie est un élément essentiel à leur épanouissement sexuel. C’est le cas de la journaliste Tatiana Potard, une des rédactrices de notre premier dossier sur le porno lesbien (Têtu n°99).

Elle assume son envie de cul et en a même tiré un livre, Sex Addict (éditions KTM):

“Ce que j’attends d’un porno, lesbien ou pas, c’est qu’il m’excite physiquement ou intellectuellement, qu’il éveille quelque chose sur le plan du fantasme ou sur le plan physique. Je n’ai pas honte de dire que je regarde des pornos hétéros, gays et lesbiens depuis je suis adolescente. Et je ne regarde pas ce genre de films pour me retrouver à travers ces images. Une sexualité évolue tout au long d’une vie. Et la mienne n’est pas figée.”

L’ “érotisme gnangnan [la] fait profondément chier”, et elle préfère nettement «une scène bien filmée, avec des nanas bandantes, et un fond de bonne musique rock”.

Ce qu’elle trouve dans une nouvelle génération de pornos identifiés comme queer et pas seulement lesbiens, type One Night Stand, d’Emilie Jouvet, en France, ou les films de Pink and White.

Ce studio de San Francisco a produit Crash Pad, qui est devenu une web-série, et In Search of The Wild Kingdom, très rythmé, cru, chaud, où le sexe ne s’embarrasse pas de manières, et où les lesbiennes semblent s’affranchir de leur culpabilité face au hard.

Envie d’une véritable culture cul

Sandrine, elle, attend avec impatience l’ouverture “de backrooms lesbiennes avec diffusion de pornos en boucle”. Son amie, Marie, sur la même longueur d’onde, a longtemps “envié” la véritable culture du cul développée par les gays: leurs pornos, leurs saunas, leurs backrooms.

Elle est comblée depuis qu’elle a découvert “les films Erocktavision de Dana Dane, avec exactement les filles très féminines qui (l)’excitent”.

Dans la catégorie sado-masochisme lesbien, actrices très féminines et esthétique léchée, les films de Maria Beatty s’imposent comme des classiques du porno lesbien. Ses films les plus connus: The Black Glove, The Elegant Spanking, Ladies of The Nights sont des plongées dans l’intériorité de la réalisatrice avant d’être des expériences érotiques, où la musique et bien sûr, la photographie et le cadrage sont prédominants.

La réalisatrice américaine construit depuis plus de quinze ans une oeuvre qui dépasse par sa cinématographie et sa recherche esthétique les codes rigides et répétitifs du porno comme genre. Ses derniers films de “Skateboard Kink Freak”, “Post Apocalyptic Cow Girls” (voir photo) et “Strap On Motel” sont plus crus, le sexe y est plus génital moins ritualisé, les bandes originales sont très rythmées, et les actrices toujours aussi excitantes.

La pornographie lesbienne encore balbutiante ne peut avoir que de beaux jours devant elle en France car, si l’on en croit Laura Merrit, sexologue berlinoise et directrice d’un service d’escort girls uniquement pour les femmes:

“C’est très français de préférer l’érotisme à la pornographie, mais cela est peut-être lié au fait que la France est encore un pays patriarcal, et les filles sont radicales sur des sujets comme la prostitution et le sexe car elles ont peu de liberté pour les envisager comme elles le veulent. Aussi, la pornographie est le dernier bastion à conquérir pour les femmes et les lesbiennes.”

Beaucoup de salive et de cyprine à venir…

Ursula Del Aguila

Ailleurs sur le Web
Crash Pad Series, le site de la série
Bleu productions
Erocktavision
Le site de la série The L World


La CNIL saisie sur l’existence d’un fichier des gays exclus du don du sang

10 février 2009

La petite formation politique Aujourd’hui, Autrement, fondée par Jean-Luc Romero, a saisi hier la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sur l’existence d’un fichier des personnes exclues du don du sang et plus spécifiquement “les homosexuels masculins dont le don a été rejeté”.

Jonathan Denis, président d’Aujourd’hui, Autrement, précise que l’existence de ce fichier a notamment été confirmée par l’ancien directeur de la communication de l’Etablissement Français du Sang, Jean-François Riffaud, dans un entretien accordé il y a quelques années au magazine Têtu.
Selon cet entretien, les hommes et les femmes exclus du don du sang sont répertoriés par informatique, que l’exclusion soit définitive ou temporaire, avec le motif du refus dûment consigné.

L’EFS refusait alors l’accusation de “fichier d’homosexuels” se réfugiant derrière le fait que les données étaient codées et protégées par le secret médical; les fichiers régionaux n’étant, de plus, pas communiqués entre les centres.

Pour Jonathan Denis, “il faut être clair et comprendre qu’un homme qui a eu une relation sexuelle avec un autre homme et qui le dit lors du questionnaire pour donner son sang verra sa demandé rejetée et sera mentionné définitivement comme homosexuel dans le fichier du centre de l’EFS. L’existence de ce fichier est une honte pour ce pays où l’on ne s’inquiète pas de répertorier les personnes en fonction d’une sexualité ou d’une maladie, puisque qu’il est inscrit très clairement tous les motif de refus”.

Aujourd’hui, Autrement, par la voix de son président, a aussi décidé de porter plainte contre l’Etablissement Français du Sang, responsable de ces pratiques.

(source : e-llico)


Anarsushiques

21 janvier 2009

Vous êtes absolut fan-Es des déjanté-e-s Sexy Sushi et ne rateriez un passage d’eux par la Terre pour rien au monde. Et ce ne sont pas les paroles folles de la Rachida song qui risquent de vous faire changer d’avis sur la question. Ça tombe bien, ils ont tenté de répondre le plus sérieusement du monde à une interview très calée intellectuellement.
Attention, chaud devant, votre brushing risque de subir un sacré coup !

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Comment ? Où sont les autres pages ? Vous voulez lire la suite ?
Eh bien, rien de plus simple : contactez le collectif Humingus par mail afin de recevoir l’édition papier du fanzine. Et, comme une bonne nouvelle nouvelle ne vient jamais seule, sachez que vous aurez, par la même occasion, la chance de découvrir d’autres artistes de talent.

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(merci @ Cha et Samia pour le détour)

plus

Les calendes sapphiques

20 janvier 2009

Les calendriers, c’est toujours pratique pour connaître les phases de la lune et les heures des marées. Mais c’est encore plus mieux si y a moyen – en même temps – de se faire du bien au moral en se nettoyant l’œil.
Ce type de produit n’est hélas pas légion en lesbophonie depuis que Ipso Facto a tiré sa révérence.

Effectivement, deux petites Anglais, Nadia Attura et Mercury, ont eu la bonne idée de lancer le concept “ilove Film Girls” qui consiste à détourner des affiches de films en y injectant du 100% gouine. Un seul regret : le lien vers le site ne marche plus, faute – a priori – d’avoir pensé à renouveler leur nom de domaine…

Chez Marie-Claire, on en est resté plus ou moins à l’ère poussiéreuse pré-féministe, associée à la femme-ménagère-objet. Mais ça n’empêche pas de lorgner à l’envi sur LA model qui a posé pour le calendrier du magazine (version italienne), en confondant certainement au passage avec les couv’ de Newlook et Maximal.

Place dorénavant à la femme décomplexée et un brin dominatrice ! Possible que certaines poses ne fassent pas l’unanimité mais, en tout cas, y a de la matière… Un special thank à Eva Herzigova qui s’est fait “prendre” par Karl Lagerfeld, en mode monochrome.


Number four

19 janvier 2009

Maxime, le copyright et moi, ça fait 3 (merci Yagg, c’est-pas-ma-faute-à-moi).

Donc je vous copie-colle sans aucun scrupule son 4ème super guide de survie (qui ça ? Maxime Donzel, pardis !). C’est acide donc c’est foutrement bon…

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