Inférieur-e-s, vraiment ?

21 novembre 2008
Rassemblements contre une justice qui cautionne l’homophobie

Mercredi 19 novembre - 19h – devant la Cour de cassation (face au 5, quai de l’Horloge)
Samedi 22 novembre – 19h – angle rues des Archives et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie

Un
homme ou une femme politique peut désormais déclarer en toute impunité
que « l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité ».

C’est ce qu’a affirmé la Cour de cassation en annulant la condamnation
du député Christian Vanneste pour injure homophobe (1). Les limites de
la liberté d’expression n’auraient ainsi pas été franchies : tout au
plus aurait-on à regretter que le député ait pu « heurter la
sensibilité de certaines personnes homosexuelles » (2).

Mais l’homophobie ne « heurte » pas simplement « la sensibilité » ; elle tue.
Elle entraîne la mésestime de soi qui conduit à un taux de suicide plus
élevé chez les jeunes gays, ou à des pratiques à risques ; elle crée un
contexte qui favorise les agressions.

Les magistrats de la Cour de cassation n’ont pas voulu le voir. C’est bien le signe que la réalité de l’homophobie n’est toujours pas suffisamment reconnue par la société française.
Une autre preuve en est le quasi-silence des responsables politiques
après cette décision scandaleuse. Quand des supporters sifflent un
hymne national, on ne compte plus les réactions des politiques. Quand
on insulte des pédés ou des gouines, quand la plus haute juridiction
estime qu’il s’agit là d’une simple manifestation de la liberté
d’expression, on n’entend quasiment plus personne.

Act Up-Paris sera présente au rassemblement organisé par Tjenbé Red ce mercredi à 19h devant la Cour de cassation (face au 5, quai de l’Horloge, métro Cité) et appelle à un rassemblement ce samedi 22 novembre à 19h dans le Marais (croisement des rues des Archives et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, métro Hôtel-de-Ville). Pour
rappeler l’impact de l’homophobie sur la société tout entière. Pour
demander aux responsables politiques ce qu’ils et elles entendent faire
si la loi du 30 décembre 2004
 se révèle – du fait de la décision de la Cour de cassation – inapplicable (3). Pour exiger, enfin, l’égalité des droits pour les LGBT.

Contact presse : Audrey Grelombe / 06 25 47 91 36

(1) Les textes officiels de la jurisprudence dans l’affaire Vanneste :
http://www.actupparis.org/article2955.html
(2) La Cour de cassation ouvre la porte à toutes les haines :
http://www.actupparis.org/article3568.html
(3)
Loi condamnant les injures "envers une personne ou un groupe de
personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de
leur handicap"


Le gang des postiches

1 novembre 2008

La Barbe, c’est leur affaire. Parce qu’elle est l’attribut masculin par excellence et parce qu’elles en ont assez de l’omniprésence des hommes dans les lieux de pouvoir. Ces féministes d’un nouveau genre qui préfèrent l’action et la dérision aux longs discours, débarquent au Sénat comme dans les entreprises et dégainent boucs et barbiches devant des élus et des actionnaires ébahis…

Sanglés dans leurs uniformes, les huissiers du Sénat sont embarrassés. Ils viennent d’arrêter une dizaine de personnes, qui, manifestement, sont des femmes, mais portent toutes sans exception des barbes. L’une arbore un collier roux et fourni, l’autre un fin trait noir, la troisième se prend pour Clark Gable, la suivante pour un Mousquetaire. Malgré la texture très moumoute des postiches, un des gendarmes, venu en renfort, en perd sa grammaire des genres. Homme ou femme ? Un simple carré de fausse fourrure brouille sensiblement la frontière entre les sexes… Dans son talkie-walkie, il transmet à son supérieur hiérarchique. “Heuhh… ils attendent calmement.” Il y a encore cinq minutes, ces femmes embarbées avaient profité de la journée du Patrimoine pour s’infiltrer dans l’hémicycle et adresser un discours de mise en garde contre “la féminisation de la société”.

Belle chevelure ondulée et joues à forte pilosité, Victoire, accompagnée de ses acolytes, grimpe à la tribune et se lance devant des visiteurs interloqués. “Malgré la résistance farouche de nos partis politiques, la loi pour la parité a déjà permis à trop de femmes de s’emparer de nombreux sièges, pervertissant ainsi, de l’humble mairie de village aux plus nobles assemblées, la solennité du mandat républicain.” A peine deux minutes plus tard, les huissiers délogent les usurpatrices et les remettent entre les mains de la police. “Mais pourquoi vous en prendre au Sénat, s’étonne un officier, il y a bien plus de femmes ici qu’à l’Assemblée nationale.” Ce 21 septembre, les élections sénatoriales intéressent mollement les Français qui profitent d’un superbe dimanche ensoleillé. Au soir des résultats, le Palais du Luxembourg se féminise légèrement, portant le nombre de sénatrices à… 21,8 % contre 18,2 % auparavant. Quelques heures auparavant, les militantes de La Barbe étaient expulsées de la vénérable institution par une porte dérobée, loin du public venu en nombre visiter les lieux, et encadrées par autant de CRS et de policiers.

Assemblées d’hommes. En 2008, Simone de Beauvoir s’appelle Simon et un étrange rectangle de poils lui a poussé au bout du menton. Ces féministes d’un nouveau genre ne sortent jamais sans leur barbe, préfèrent l’action et la dérision aux interminables débats sur la “condition féminine”. Depuis le 28 février 2008, La Barbe va droit au but : cibler les lieux de pouvoir où règne le gris horizon des costumes trois pièces. Assemblée d’actionnaires de grandes entreprises (Carrefour, Casino) ou institutions politiques, le collectif s’invite, pastiché, à ces assemblées d’hommes qui dirigent la France. Première victime en mars dernier : le Conseil national des centres commerciaux qui préfèrent les femmes en caissières plutôt qu’en managers. Interrompant les débats de l’assistance quasi masculine, Marie de Cenival, fondatrice du groupe, s’empare du micro. “Je tiens à vous féliciter, au nom de La Barbe, dit-elle entre ses faux poils. Comme beaucoup d’autres entreprises en France, vous avez su résister à la féminisation de la société. Vous n’avez qu’une femme à votre conseil d’administration et trente hommes. Félicitations.” Rires gênés de la salle encravatée puis expulsion manu militari.

“Désamorcer l’image féministe”. Reprenant les techniques des activistes américains comme les Yes Men qui dénoncent les effets de la mondialisation par des canulars ou les Billionnaires for Bush critiquant la politique du Président américain en tenues de golf et colliers de perles, les féministes de la Barbe se glissent dans la peau des hommes et dénoncent leur hégémonie en les singeant. “Avec nos postiches, explique Marie de Cenival, nous rendons visible, tel un miroir, l’invisibilité des femmes dans les lieux de pouvoir. Nous rendons concrète la réalité affligeante des statistiques que personne ne veut voir (1).” Mêlant activisme et mise en scène arty, La Barbe filme chacune de ses interventions et les diffuse sur Internet via You Tube. Pas de grands discours mais des opérations basées sur l’image. Le montage reprend l’esthétique rétro des films muets du siècle dernier, ringardisant le sexisme contemporain et modernisant du même coup le féminisme. “Avec l’humour, nous désamorçons la mauvaise image des féministes”, explique Marie de Cenival.

“Au moins, on ne pourra pas dire que nous sommes des féministes pas drôles, hystériques et mal baisées”, remarque Annie, étudiante en psychologie. C’est le second degré qui attire la plupart des adhérentes : une vingtaine de membres actifs, une trentaine de sympathisantes. Professeur, chef d’entreprise ou salariée dans le monde associatif, elles ont vingt ou trente ans, la cinquantaine pour les plus âgées. Aucune ou presque n’a de passé militant féministe. “C’était le combat de ma mère, dit Coralie, 32 ans, deux enfants, salariée d’une association de lutte contre le sida. J’ai milité pour les sans-papiers, je ne me sentais pas concernée par le féminisme qui, à mes yeux, n’était vraiment pas sexy. Quand j’ai vu les premiers films de La Barbe, j’étais morte de rire. Et quand j’ai creusé la question, j’étais effarée.” Porteur d’un renouveau féministe mixant humour, art et médias, La Barbe séduit par son mode d’action. “Je n’aime pas l’agressivité d’un meeting politique, alors que j’apprécie les actes incisifs et drôles de ce groupe, reconnaît Christine, chasseuse de têtes de 50 ans. Je ne me sens pas enfermée comme dans un parti. Je reste un électron libre.” Les interventions du collectif rappellent la “zaps” d’Act Up, ces opérations spectaculaires qui ont scandé la lutte contre le sida : simulacre d’un mariage homosexuel à Notre-Dame de Paris, Die-in, manifs allongées sur le bitume pour symboliser les victimes de l’épidémie. “Nous sommes quelques-unes à avoir longtemps milité dans cette association, dit Marie de Cenival. Nous avons appris à planifier une action, à alerter les médias, à ne pas avoir la trouille. Act Up nous a donné ce culot que nous n’avions pas.”
Avant de lancer La Barbe avec sa compagne américaine, Marie de Cenival a longtemps réfléchi – dans son bain – à la façon de dépoussiérer l’engagement féministe et d’éviter les travers passés. “Violence sexuelle, pub sexiste, prostitution ou voile, le féminisme s’est enfermé dans ces thèmes dits “de femmes” et s’est épuisé en s’entre-déchirant sur ces questions complexes à résoudre. De mon expérience à Act Up, j’ai retenu que si on voulait changer les choses, il fallait taper directement en haut de l’échelle, là où se prennent les décisions. L’important est d’avoir les rênes en main.” La Barbe ne s’attaque qu’aux lieux de pouvoir et investit, poils au menton, le champ des hommes. “Lors de nos actions, certains nous disent, “vous feriez mieux de vous occuper de l’excision ou des violences conjugales.” Mais tactiquement, seul le pouvoir nous intéresse. Il ne s’agit pas de dire que les femmes seraient meilleures, mais simplement de donner à tous le droit et le choix de diriger.” Suivant cette ligne, le symbole de la barbe s’est imposé de lui-même. “Le poil est l’attribut fondamental de la virilité et de la masculinité. Il suffit de mettre une barbe pour être du côté du pouvoir. Et puis, la barbe signifie ras-le-bol, non ?”

A la frontière des genres. Relevant de la désobéissance civile, les actions non violentes du collectif sont généralement bien accueillies. “A ce moment-là, tous les hommes jurent qu’ils sont féministes, mais ils ne peuvent s’empêcher de rajouter que nous serions bien plus jolies sans nos barbes”, relève Catherine, économiste dans une grande banque française. Les rares femmes présentes dans ces lieux de pouvoir sympathisent avec la cause ou bien se montrent franchement agressives. “Elles en ont bavé pour en arriver là, elles ne veulent pas être assimilées à notre démarche, remarque Marie de Cenival. Même les femmes sont sexistes.” En se situant à la frontière des genres, les membres de la Barbe perturbent leurs interlocuteurs. En mai dernier, le collectif s’était déjà invité au Sénat lors d’un colloque intitulé “le Parlement, miroir de la société”. A la tribune, une brochette d’hommes, Edouard Balladur ou Jean-Pierre Chevènement. Du pain bénit pour La Barbe. Mais aussi Gérard Longuet. “J’ai des excuses, dit-il. Je suis mariée à une femme, ce qui est encore assez fréquent, j’ai quatre filles, et donc une mère, et quand j’ai un chien, c’est une chienne…” L’extrait est passé en boucle sur Internet. La réputation de La Barbe était lancée.

(1) 18,5 % de femmes à l’Assemblée nationale, une femme présidente de Région, 8 % de femmes dans les conseils d’administration des 500 premières entreprises françaises, 7,6 % de femmes dirigeantes au sein du CAC 40, 17 % des chefs et directrices des entreprises françaises…

A visiter : www.labarbelabarbe.org

(written by Cécile Daumas @ Next, supplément de Libé)


Manifeste radical : les lesbiennes ne sont pas des femmes

4 août 2008

Vice-présidente du comité IDAHO et d’Act-up Paris, Pauline Londeix est la fondatrice du GLR, un groupe activiste lesbien radical. À la veille de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, elle publie "Le manifeste lesbien", qui livre une analyse rigoureuse de la lesbophobie et propose des mesures politiques pour la combattre.

Le Magazine.info : Vous n’êtes âgée seulement que de 22 ans. Quand et comment a débuté votre engagement militant ?
Pauline Londeix : Je suis arrivée au militantisme très jeune. Je suis passée brièvement dans un parti politique avant de rejoindre en 2004 le collectif "Une école pour tou-te-s", qui s’était constitué en réaction à la loi sur le port des signes religieux à l’école. Cette étape a été essentielle pour moi.
Peu après, je me suis rendue à une AG contre l’homophobie, co-organisée par Act-Up Paris. En 2005, j’ai franchi le pas et j’ai rejoint les réunions hebdomadaires de l’association. Par la suite, j’ai beaucoup travaillé sur les questions LGBT (Lesbien, Gay, Bi, Trans’, NDLR) au sein de ce groupe. Mon combat pour la cause lesbienne a donc réellement commencé à ce moment là.

Le Magazine.info : Quelles sont les difficultés que connaissent les lesbiennes au quotidien ?
Pauline Londeix : L’invisibilisation, c’est-à-dire la négation des relations lesbiennes, est une des premières difficultés que rencontrent les lesbiennes. C’est une lesbophobie qui agit de deux façons ; soit par la désexualisation des lesbiennes, soit par leur hypersexualisation. Dans le premier cas, on perçoit les lesbiennes comme des femmes qui n’ont pas encore trouvé "l’homme, le bon" ; on leur dit alors qu’elles ont "le temps de changer", ou bien que "cela leur passera". Dans le deuxième cas, on les perçoit uniquement comme objet de fantasmes masculins, n’existant que pour un regard hétérosexuel ; on leur proposera des "plans à trois". Les difficultés des lesbiennes résident donc souvent dans la lesbophobie, dans le rapport porté par la société, mais aussi par la discrimination intériorisée et le manque d’estime de soi qui en découle.
Enfin, on ne peut pas non plus nier le fait que de nombreux discours sur celles-ci sont assez négatifs. Effectivement, lorsque les médias parlent des lesbiennes c’est avant tout pour évoquer les discriminations et la "souffrance". Il faut que nous parvenions à dépasser ce stade en développant des modèles positifs de modes de vie, différentes formes de contra-sexuels mais aussi une autre culture, une autre manière d’écrire nos relations amoureuses, nos modes de vie et notre sexualité. Je pense que le livre "Quatrième génération" de Wendy Delorme y parvient car il propose une écriture différente de la manière dont on peut se vivre en tant que lesbienne, "pédé" ou trans’.

Le Magazine.info : Quelles mesures concrètes proposez-vous pour combattre la lesbophobie ?
Pauline Londeix : Sur le plan juridique, une égalité des droits totale pour les "LGBT" par rapport aux hétérosexuels. Sur le plan activiste, que les lesbiennes s’emparent d’outils activistes efficaces et envahissent les espaces médiatiques et politiques par des zaps, des happenings, des interruptions. Sur un plan plus individuel, la promotion et le développement des ateliers de "self-défense" féministes, comme ceux mis en place il y a quelques mois par le Diana Prince Club٭. Sur le plan culturel, que les lesbiennes promeuvent, développent et imposent leurs "contra-cultures".

Le Magazine.info : Dans votre ouvrage, vous écrivez que le combat lesbien, bien que spécifique, est indissociable de celui des trans’. Qu’est-ce qui les rapproche ?

Pauline Londeix : Penser que les problèmes que rencontrent les lesbiennes se résumeraient à un "non respect de leur sexualité" serait, à mon avis, une erreur. Les questions lesbiennes posent, comme les questions trans’, une réelle remise en cause de la classification des individus en deux genres. Ce que les trans’ et les lesbiennes ont en commun, c’est qu’ils réinterrogent très souvent le genre auquel ils/elles ont été assigné(e)s à leur naissance.

Il faut ici se référer à la citation de Monique Wittig : "les lesbiennes ne sont pas des femmes" ; ce qui veut dire qu’elles échappent, au moins dans leur vie privée, à la domination masculine et à ce qui est réservé par la société à la catégorie "femme". Certains trans’ décident de se réassigner complètement au genre opposé ; d’autres non et se définissent comme trans’ Female-to-Unknown ou Male-to-Unknown. Je pense que la limite entre les stone butchs et les Female-to-Unknown peut être très faible. C’est là où Monique Wittig se rapproche de Butler et de sa théorie du queer, et que le lien entre les problématiques lesbiennes et trans’ peut être fait.

Le Magazine.info : Est-ce que la série télévisée "L Word" peut être favorable à la reconnaissance des lesbiennes dans la société ?

Pauline Londeix : Je pense que cette série a incontestablement eu un impact très intéressant dans la communauté lesbienne. Elle a plusieurs qualités en ce qu’elle met en scène des lesbiennes assumées, qui n’ont que faire du regard de la société, et présente une communauté, avec sa culture, ses soirées etc. Mais les limites sont les suivantes : toutes les protagonistes sont très apprêtées : on peut se demander si elles ne sont pas destinées à plaire d’abord à un regard masculin hétérosexuel. Enfin, elles sont toutes riches et il est bien évident que ce n’est pas le cas de tout le monde.

(source : http://www.lemagazine.info)

* interview dans Tetu
* article dans AgoraVox


Open Mind & Education *PRIDE*

26 juin 2008

L’Inter-LGBT se veut pragmatique en
centrant cette année ses revendications sur la lutte contre
l’homophobie à l’école pour la 7èeme Marche des Fiertés LGBT du 28 juin
prochain.

L’Inter-LGBT tenait hier sa conférence de presse de présentation de la
Marche des Fiertés annuelle qui se déroulera cette année le samedi 28
juin à Paris à 14 heures. Le thème choisi par les associations est
l’éducation, et le mot d’ordre : " Pour une école sans AUCUNE
discrimination ! ".

Foin des mots d’ordre qui n’ont aucune chance de connaître une
issue favorable après les élections présidentielles et législatives qui
ont conforté la droite au pouvoir. " Nicolas Sarkozy a clairement dit
qu’il s’opposait au mariage et à l’adoption pour les couples
homosexuels, mais il a laissé des ouvertures sur la question des
discriminations ", a expliqué Alain Piriou, porte-parole de
l’Interassociative. " Plutôt de de s’arc-bouter sur les questions où
nous sommes en opposition avec la majorité, nous préférons ne pas
perdre de temps et travailler " sur les thèmes qui peuvent faire
consensus, a-t-il argumenté. L’Inter-LGBT se montre donc pragmatique en
centrant ses revendications du moment sur l’education, et plus
particulièrement la prévention et la lutte contre l’homophobie à
l’école.

Ce thème est un chantier de longue haleine pour l’Inter-LGBT qui a
tissé un partenariat patient et constructif avec la communauté
éducative, les syndicats enseignants en particulier, depuis plusieurs
années.

"Dans les affaires d’homophobie, une des caractéristiques est
d’avoir des agresseurs souvent très jeunes de 20 ans ou moins. Quelque
chose n’a pas été fait en matière de prévention des comportements
discriminatoires", a souligné Alain Piriou. Deuxièmement, "les jeunes
homosexuels se suicident 13 fois plus que les hétérosexuels et 32% des
homosexuels de moins de 20 ans ont fait une tentative de suicide", a
ajouté Philippe Castel, du principal syndicat enseignant, la FSU.

L’Inter-LGBT a souligné aussi son travail de concertation avec le
ministère de l’Education sur la question dont découle notamment la
récente circulaire de rentrée 2008 incitant à la prévention de
l’homophobie. " Nous ne demandons pas de loi mais des actions de
terrain ", a expliqué Alain Piriou.

La fédération LGBT entend rester vigilante afin que les engagements
du ministère de l’Education n’en restent pas à la déclaration
d’intention. L’Interassociative insiste sur la nécessité de formation
des personnels enseignants et parascolaires ainsi que d’outils
pédagogiques et d’interventions auprès des jeunes. Elle appelle à une
information par voie d’affichage ou de diffusion de brochures à leur
attention " dès la rentrée 2008 ". " Pour les collèges, tout reste à
faire ", souligne l’Inter-LGBT, qui note que les autorités privilégie
les lycées, " alors que la construction identitaire se fait au collège
".

Mais les incertitudes et les doutes ne se limitent pas à
l’Education. L’Inter met en cause le " dilettantisme " du ministère de
la Santé et de la Jeunesse où les annonces ne sont suivies d’aucune
mesure effective, en particulier dans le cadre du Plan Santé Jeunes
annoncé par Roslelyne Bachelot en février dernier.

La marche 2008 entend booster le travail entamé autant avec les
syndicats que du côté gouvernemental et porter plus haut encore les
revendications du mouvement gay pour une meilleur prise en compte de
l’homophobie dans les collèges et lycées notamment, mais aussi à
l’université.

Le sida ne sera pas absent des préoccupations de la marche
homosexuelle; trois minutes de silence seront observées à 16 h 30 lors
du défilé qui partira de Denfert-Rochereau à 14 heures pour se terminer
place de la Bastille en toute fin d’après-midi.

(e-llico)


Open Mind & Education *PRIDE*

26 juin 2008

L’Inter-LGBT se veut pragmatique en
centrant cette année ses revendications sur la lutte contre
l’homophobie à l’école pour la 7èeme Marche des Fiertés LGBT du 28 juin
prochain.

L’Inter-LGBT tenait hier sa conférence de presse de présentation de la
Marche des Fiertés annuelle qui se déroulera cette année le samedi 28
juin à Paris à 14 heures. Le thème choisi par les associations est
l’éducation, et le mot d’ordre : " Pour une école sans AUCUNE
discrimination ! ".

Foin des mots d’ordre qui n’ont aucune chance de connaître une
issue favorable après les élections présidentielles et législatives qui
ont conforté la droite au pouvoir. " Nicolas Sarkozy a clairement dit
qu’il s’opposait au mariage et à l’adoption pour les couples
homosexuels, mais il a laissé des ouvertures sur la question des
discriminations ", a expliqué Alain Piriou, porte-parole de
l’Interassociative. " Plutôt de de s’arc-bouter sur les questions où
nous sommes en opposition avec la majorité, nous préférons ne pas
perdre de temps et travailler " sur les thèmes qui peuvent faire
consensus, a-t-il argumenté. L’Inter-LGBT se montre donc pragmatique en
centrant ses revendications du moment sur l’education, et plus
particulièrement la prévention et la lutte contre l’homophobie à
l’école.

Ce thème est un chantier de longue haleine pour l’Inter-LGBT qui a
tissé un partenariat patient et constructif avec la communauté
éducative, les syndicats enseignants en particulier, depuis plusieurs
années.

"Dans les affaires d’homophobie, une des caractéristiques est
d’avoir des agresseurs souvent très jeunes de 20 ans ou moins. Quelque
chose n’a pas été fait en matière de prévention des comportements
discriminatoires", a souligné Alain Piriou. Deuxièmement, "les jeunes
homosexuels se suicident 13 fois plus que les hétérosexuels et 32% des
homosexuels de moins de 20 ans ont fait une tentative de suicide", a
ajouté Philippe Castel, du principal syndicat enseignant, la FSU.

L’Inter-LGBT a souligné aussi son travail de concertation avec le
ministère de l’Education sur la question dont découle notamment la
récente circulaire de rentrée 2008 incitant à la prévention de
l’homophobie. " Nous ne demandons pas de loi mais des actions de
terrain ", a expliqué Alain Piriou.

La fédération LGBT entend rester vigilante afin que les engagements
du ministère de l’Education n’en restent pas à la déclaration
d’intention. L’Interassociative insiste sur la nécessité de formation
des personnels enseignants et parascolaires ainsi que d’outils
pédagogiques et d’interventions auprès des jeunes. Elle appelle à une
information par voie d’affichage ou de diffusion de brochures à leur
attention " dès la rentrée 2008 ". " Pour les collèges, tout reste à
faire ", souligne l’Inter-LGBT, qui note que les autorités privilégie
les lycées, " alors que la construction identitaire se fait au collège
".

Mais les incertitudes et les doutes ne se limitent pas à
l’Education. L’Inter met en cause le " dilettantisme " du ministère de
la Santé et de la Jeunesse où les annonces ne sont suivies d’aucune
mesure effective, en particulier dans le cadre du Plan Santé Jeunes
annoncé par Roslelyne Bachelot en février dernier.

La marche 2008 entend booster le travail entamé autant avec les
syndicats que du côté gouvernemental et porter plus haut encore les
revendications du mouvement gay pour une meilleur prise en compte de
l’homophobie dans les collèges et lycées notamment, mais aussi à
l’université.

Le sida ne sera pas absent des préoccupations de la marche
homosexuelle; trois minutes de silence seront observées à 16 h 30 lors
du défilé qui partira de Denfert-Rochereau à 14 heures pour se terminer
place de la Bastille en toute fin d’après-midi.

(e-llico)


La visibilité contre la violence

2 juin 2008

Il y a plus de 14 jours, la journée mondiale contre l’homophobie se déroulait avec pour thème la lesbophobie (indubitablement associée à l’invisibilité des femmes qui aiment les femmes). À Paris, il y avait – paraît-il – presque autant de journalistes que de manifestant-e-s pour l’opération kiss-in.
Mais étrangement, quasiment aucun média n’a diffusé de reportages à ce sujet ni fait mention de cet événement (on peut dire que l’Information est l’exact reflet des idées du gouvernement). Donc, merci à Libé et France Inter d’avoir pensé à nous, ces quelques millions de citoyens qui font soit-disant peur aux autres (parce qu’amoraux, trop sexuels, pervers, narcissiques, efféminés ou masculines, névrosés et aujourd’hui trop communautaristes >> merci Marianne !).
Et à la TéléLibre :


Toutes concernées

22 octobre 2007

Colloque_femmes_et_vih_07

Sida, IST, recherche, visibilité, …une rencontre organisée à l’occasion du 1er décembre par le Planning et Act-Up (entre autres)

Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres…


EDIT :

Au passage, la version française du rapport international de l’ILGA sur la Santé des femmes lesbiennes est parue. Pourquoi ce document est-il incontournable, voire indispensable ?
Parce que leurs spécificités sont particulièrement méconnues ou
ignorées même par les femmes concernées
, parce qu’ une double
discrimination fondée sur le genre et l’orientation sexuelle peut avoir
des effets significatifs sur le bien-être mental et physique ou encore
empêcher certaines femmes de demander l’aide des professionnels de
santé
(CGL).
Gynécologie, cancer du sein, VIH & IST, viol, violences domestiques, mariages forcés : vous trouverez tous ces points-clés dans notre bible ici.

Fr5457


DEJA (TOUS) MORTS

7 mai 2007

Morts de peur, de honte, ou morts tout courts.

Je n’ai pas honte d’être ce que je suis, mais d’être Française, si !

J’avoue avoir aussi peur pour mon avenir et ai les images de V pour Vendetta en tête.
Plus que jamais…


Fighting AIDS

1 décembre 2006

Cimg0208

Le 1er décembre : une journée-marathon qui a pour moi (et beaucoup d’autres) commencé la veille, c’est-à-dire le 30 novembre, lors de la marche inter-associative actupisée. C’est la 1e année où je décide d’aller à cette manif’. 

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Incursion au Centre…

30 novembre 2006

Debat_cgl_pratiques_a_risqu

Hier soir, j’ai été traîner mes baskets au CGL (Compagnie Générale de Location Centre Gai et Lesbien) de Paris. Pas tout-à-fait sans raison mais pour assister à un débat inter-associatif (du coup, ça fait un mix vie privée/vie professionnelle). déjà, Ça commençait bien puisque un incident RATPien m’a fait largement arriver en retard (ou comment distraire toute une assemblée et capter l’attention, l’espace de quelques secondes…) et puis évidemment, marcher avec un plan à la main c’est pas très pratique, surtout quand il fait nuit. Heureusement, un de mes collègues bénévoles était déjà là…

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