Est-il possible de vivre plusieurs vies en une seule nuit ? a priori oui, même si c’est pas forcément toujours pour le meilleur, loin s’en faut.
Vendredi, 12h : plein de soirées tonight, super, j’ai envie de toutes me les faire.
19h : monstrueux mal de crâne, symbole d’une semaine plus qu’éreintante (dernière ligne droite semée de bouclages avant le pas-joyeux noyel), suis plus si sure.
20h : ne pas sortir, ne pas sortir…
Peu après, Thunders me beep finalement pour le bougeage nocturne. Béné, quant à elle, se tape une pure Panique à l’Elysée-Montmartre en compagnie de Fluokids, Radioslave et Mental Groove. Bon, aller, un p’tit effort, j’me force motivachionne un max.
21h : aspirine, on efface (presque) tout et c’est reparti pour 12h non-stop…
22h et des poussières métroïdes : arrivée à Parmentier Station.
On va bouffer Chinetok (tout-à-fait dans le prolongement du type de restos omniprésents en Guyane lol) et on décampe avant que le gérant n’ait éteint la totalité des lumières. Puis direction la rue JP Timbaud : toute une aventure et un test des 4 points cardinaux avant de trouver l’enseigne…à une rue seulement du métro. Ceci dit, c’était rien en comparaison de l’énervement qui a commencé à poindre quand le videur a balancé que la soirée privée d’avant ne se terminait que vers 1h de mat’ (et là, il était 23h30 au cadran).
Keskonfè ? question essentielle d’autant plus que les cafés "sympas" aux alentours ont tout l’air d’être blindés… So, choix B et c’est parti pour un jeu de piste à Beaubourg qui consiste à trouver la bonne porte du "Soir". On y parvient, non sans mal. Reste l’étape du physio qui dévisage d’un mauvais œil mon pote :
- Non, désolé, c’est une soirée juste pour les filles…
Me : – Tiens tiens, bizarre. Et les friends (sur le flyer) ? Et le garçon qui est rentré juste avant nous ?
- Oui, mais non. Il faut prévenir avant…
Me : – (merde, c’était quoi déjà le nom sur le MySpace ? ah oui, voilà) Ben écoutez, Vanina m’a pas prévenue, mince alors. Je…
- Ok, c’est bon, allez-y.
A priori, ce mot était le sésame magique…pour pénétrer dans l’antre sacrée du Babydoll. On descend un escalier exigu pour se retrouver…à 2 mètres des chiottes ! On essaye de se faufiler vers "l’intérieur" : à gauche, au micro, Sheliyah et Abigael chantent de tout leur soul. A droite, 2 petites tables basses. On essaye du mieux qu’on peut de se positionner entre ce qui fait figure de "scène" et les sièges, mais se retrouver nez-à-nez avec les artistes n’a jamais été vraiment mon délire. Aussi, on préfère s’éclipser dans la salle lounge qui fait aussi office de bar. L’ambiance est plutôt chic/BCBG et intimiste, avec canapés, lumière tamisée et tissus sur les murs : bref, le lieu idéal pour un rdv amoureux avec sa nana. Etant pas exactement dans ce trip en ce vendredi, nous nous rattrapons sur l’écran plasma qui donne une retransmission instantanée ET infra-rouge (!!) du live, à défaut d’avoir une vue directe sur la scène.
Concrètement, les 2 divas se font apparemment remonter les bretelles à la fin de chaque song, afin qu’elles libèrent enfin l’espace [sonore]. Elles s’empressent donc de terminer par une reprise très personnelle du titre-phare de NTM "ma benz". Je sais pas si ce style de zik suffira à warm upiser la salle. En tout cas, la foule commence à s’amasser, des gens à danser dans l’espace principale pourtant très restreint et – grand moment – deux filles (qui ne se savent pas filmées) se pendent et grimpent même aux chaînes qui tombent du plafond. Non, je vous rassure, nous ne sommes ni dans un sauna ni dans un cours de varappe. Il n’empêche que toute la salle 2 s’esclaffe silencieusement devant cette vision surréaliste et inattendue.

Vers minuit trente, on décide de lever le camp avant que la frustration
de devoir rester assis sur du son électro ne devienne quasi-insupportable. Tant pis pour Désiré et Dactylo… Un détour
au Quick et un métro plus tard, nous nous retrouvons à République (on a dépassé le seuil fatidique des 2h15), plus
près de l’Alim’ que nous ne le pensions. Great !
Sauf que…à l’intérieur, c’est over-full-blindé, vestiaire compris. Nous nous faufilons jusqu’aux tables du fond qui jouxtent agréablement les WC, en saluant au passage speed-Kat’ de BBTX et 2 pote à Lir’. Alors, visuellement, en terme d’aménagement, l’ALG, c’est un bar et un restaurant à l’ancienne (dont les tables ont ici été dégagées pour composer le dancefloor).
Le truc strange, c’est que si Son il y a bien, invisible au final est la DJ… Et les 2 points bof, ce n’est pas que la soirée ne soit pas spécial "filles" (ou nonnes, pour reprendre les termes exacts
, c’est plutôt la surprise de se rendre compte que le public est essentiellement composé de très jeunes, tous issus de la génération MySpace (effet boomerang d’avoir des milliers friends boutonneux sur son site officiel ?). C’est à la fois bien et pas bien, parce que mentalement, je m’attendais pas du tout à aller à une soirée branchée/hype/ultra-mode. Et d’ailleurs, ça ne m’intéresse pas. L’autre inconvénient, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’ambiance clubbing ou festive. Les gens sont là pour discuter comme au bar et l’électro sert juste de musique de fond. Joyeux brouhaha ! Ou bien c’est le décor qui fait que…, déjà que les lumières sont trop fortes. Bon, la fille déchaînée qui faisait danser la polka version pogo à tous les mecs nous a bien fait marrer, l’alcool dégueulasse et hors-de-pris un peu moins. Sinon, c’est pas vraiment ça et bien sûr insuffisant pour redonner le sourire à Céline (des Mèches Anglaises) de passage dans le coin.
Exception notable à la règle : les filles de la band@gouinoturix visiblement pas a jeun et qui ont l’air de bien se marrer : je suis pas sure que ça compense pour le restant du pipole présent. Perso, j’aurais nettement préféré me souvenir des performances de Slide ou Madame X aux platines que de la dernière conquête de Juncutt et des défilés aux chiottes*, par exemple. Enfin, je dis ça, je dis rien… A 4h30, brusquement, les néons se rallument (enfin) dans un salle plus qu’aux 3/4 vide : la sécurité nous exhorte à quitter promptement les lieux (c’est là que je remarque un flipper tout près de l’entrée, zut alors !). Je sais pas si je dois me réjouir ou non, d’autant plus qu’1h de poirotage nous attend avant l’ouverture du tro-mé. Ouf, Ronald’s a pensé à nous et, heureuse nouvelle, le McDo est ouvert : cool, ça évitera de se geler pas-que-les-miches dehors. Bizarrement, les autres clubbers éjectés ont eu la même idée que nous. On parvient tout de même à trouver une petite table libre. Pendant que Thunders va joyeusement rejoindre la queue sans fin pour commander un très (trop) matinal Big Mac, je pose ma tête sur la table et m’apprête à partir éphémèrement au pays des songes.
Manque de bol, le cauchemar, ne fait que commencer : ça fait à peine 5 minutes que j’ai les yeux clos que je me fais secouer violemment…par un black, clairement inconnu à mon bataillon. J’ai une envie terrible de meurtre. Avec un peu de recul, je réalise que j’aurai dû passer immédiatement à l’acte car le mec me tient la jambe pendant 1/2 heure top-chrono, histoire de me convaincre (et en English afrikaaner, s’il vous plaît) de l’accompagner à son hôtel. Il me sort toute sa panoplie d’arguments : confiance, homme sérieux, respect des femmes, marijuana & shit, Dieu, travail, argent durement gagné. Pfff ! Même quand je veux paraitre méchante, j’arrive même pas à être crédible, c’est totalement désespérant. A ce moment, je me mets à détester tous mes prof d’anglais pour avoir omis de m’apprendre la phrase de la délivrance, quand No, I’m fine et Bye ne suffisent plus, juste un peu avant le Fuck, vous voyez. Au bord de la crise de nerf, je parviens au final à m’en dépêtrer. Alors qu’IL part s’attaquer à d’autres charmantes ladies, nous nous engouffrons sans attendre dans la bouche du métro.
Encore 30 minutes de patience pour un train dans les courants d’air de la Défense (où je croise un pote du foyer !) et un remontage express de moral à ma colloc’ qui vient d’apprendre la veille sa mutation dans le trou du Q du monde, et je peux enfin fermer les yeux et tout oublier.
J’en connais une, chanceuse, qui – au moins – n’a surement pas regretté sa nuit…
(*cf le droit de réponse de D.J. dans les coms
