À peine eu le temps de déj’ en 6ème vitesse, avec un dessert à base de stracciatella dévoré à 2 (gloutonnes) dans le tro-mé qui nous emmène vers Montparnasse. 3h de train avalées en 5 minutes et nous voici déjà arrivées en Bretagne. Pendant les 60 minutes de marche plus tard, nous en profitons pour mater les prix de l’immobilier : les prix n’en finissent pas de nous laisser bouches bées. Las, nous arrivons dans le quartier d’Arsenal/Redon (signe de reconnaissance : une sublime fresque sur un immense mur face à un terrain de sport : total respect !), où nous nous posons dans un hôtel complètement désert (à la déco vraiment space…mieux vaut allumer systématiquement la lumière afin de pas se faire surprendre par un des mannequins qui vous fixent bien du regard).

Oups, fini de se prélasser : la nuit tombe déjà ! Hop, tenue de soirée et nous sautons dans le bus 19 que nous avions repéré à l’aller. Un petit coup de métro et nous nous retrouvons illico devant la gare. Mygirl m’emmène dans une excellente crêperie qu’elle connaît au moins aussi bien que l’hôtel hanté
. Galettes délicieuses mais voisins de tables un peu trop curieux (et qui nous matent comme s’ils n’avaient jamais vu d’extra-terrestres parisiennes de toute leur vie).

La 2ème partie de la soirée s’annonce encore plus exaltante. Bus du retour. Nous courrons comme des damnées pour le choper (et gagnons 10 minutes pour reprendre notre souffle…à l’arrêt). Honte à moi pour mon ‘bonsoir monsieur’, surtout quand LA conductrice s’est retournée ! Arf, et moi qui est horreur de ce genre d’erreur quand je suis nommément visée. Enfin, assez inhabituel, une radio diffuse en fond sonore de vieux airs des années 90.

Of course, comme le veut désormais la coutume, nous trouvons le moyen de nous paumer à 100 mètres du point de rendez-vous et de passer moultes fois devant la Maison d’Héloïse (si quelqu’une peut d’ailleurs m’expliquer ce qui s’y fait). Comment est-ce possible ? en cherchant en vain une rue imaginaire, tout simplement
) Finalement, nous arrivons au numéro 14. Une rue pas trop éclairée. Une porte dont on n’imagine pas ce qui se trame derrière (hormis l’écriteau collé dessus). Toc et nous rentrons. Accueil super cool à la ‘caisse’ où un coupon rose avec la date de la next big party (le 30 mai !!) nous est remis. Puis, un couloir étroit et obscur. Au fond de ce couloir, une porte entrouverte d’où nous parviennent les accords d’une musique qui en ce lieu paraît irréelle…

En fait de côté obscur, les guirlandes lumineuses nous conduisent vers un endroit presque incroyable dont on ne soupçonnerait pas même l’existence, de l’extérieur. C’est un squat qui se divise plus ou moins en 3 parties (en suivant la charpente en bois) : le bar tenu principalement par DWE, le cojn détente avec son stand de littérature féministe, ses fauteuils (où une quelqu’une pionce profondément) et ses murs rouges dédiés à l’expo photo, enfin le dancefloor avec la table et le matos des DJettes.
Oubliez l’ambiance ultra-glacée des boîtes nuit. Ce lieu transpire le vécu et tout semble avoir une histoire : combats militants et politiques, luttes féministes, etc. Les filles n’ont pas pour objectifs premiers d’être vues, chasser la chair fraîche (même si les Rennaises sont plutôt cute…) ou encore s’embrouiller à tout prix. On se sent un peu comme à la maison, entre potesses. Il y a aussi cette touche d’humour visible dans chaque pochette vinyle d’anciennes chanteuses de variét’ accorchée au plafond. Pour l’instant, on semble juste avoir loupé le docu musical.

Coïncidence plus vraiment hasardeuse, nous croisons A-S qui nous annonce fièrement sa relation avec une des DJettes. Et justement, la démo de hip-hop funk démarre sur les chapeaux de roues. Les filles mettent un certain temps à trouver leurs marques pour coller au rythme. Nous, on part sans hésitation dans un délire nawak qui nous sied parfaitement bien. Et justement, une artiste-peintre vient se joindre à nous, motivée à l’idée de bouger son boule…

Pour reprendre ses esprits, rien de tel qu’un bon verre de punch (à 2€ !). L’heure de la désaltération a sonné… Et hop 2 badges griffés au passage ! Next défi : parvenir à prendre en photo la forme étoilée qui se dessine quand l’ampoule du “salon” clignote. Avec un peu de patience et beaucoup de réglages, j’y parviens finalement. Entre-temps, une future architecte rennaise vient agréablement taper la discut’.

S’ensuit le set de la nancéenne DJ Last Na2t qui a l’air de prendre grave son pied en mixant. Elle est loin d’être la seule, c’est carrément de la folie sur la piste. Tantôt électro-jump, tantôt rock-pogo, sans parler de quelques pépites musicales inattendues (slows ou ritmos latinos), les girls ne perdent surtout pas une occas’ pour se bousculer…

De l’autre côté, dans le living room, on a sorti les sacs pochoirisés avec des phrases pour le moins percutantes et le fameux freelax alias pisse-debout (qui nous aurait bien été utile la dernière fois). Au niveau du bar, sont exhibées les compils “Coup de griffes” avec une playlist riot-grrrlistique de choc. Puis nous partons explorer les slogans peints et les affiches collées sur le mur de la grande pièce, à l’occasion de causes variées et diverses. Ça manque pas de créativité…

À l’épineuse question, “à quoi ressemble une chatte rennaise ?”, je répondrai “à tout” (ce qui n’est pas du tout péjoratif). De la butch à la lipstick, en passant par la clone Shanique, la fille en costume, la punk, l’androgyne, la brésilienne, la parisienne (lol), etc : bien entendu, tous les looks sont dans la place, assez représentatifs des filles en général. Bien plus tard dans la soirée, une meuf se mettra même torse nu, pour notre plus grand plaisir… Arf, bande de perverses que nous sommes !
Trêve de folies. ±3h du mat’ et c’est avec regrets que nous quittons prématurément la teuf, bien partie pour durer toute la nuit. L’hôtel n’est qu’à quelques minutes, ce qui est plutôt appréciable. Nous en profitons pour faire un tour de tous les étages, histoire de garder quelques fameux souvenirs picturaux de ce lieu à la fois pittoresque et ô combien effrayant…

3h plus tard, le réveil retentit cruellement à nos petites oreilles à peine remises du son géant de la veille. Eh oui, c’est dimanche et le 1er bus ne passe qu’à 9 heures moins 20. L’heure de marche qui nous attend n’est donc pas en choix. Dans les rues, nous croisons pas mal de fêtards qui n’ont pas encore dessaoulé et 2 filles entr’aperçues à la soirée qui finissent de charger courageusement un coffre de voiture.

Le jour commence à se lever timidement, l’air est doux. Quelle aubaine : un café à la gare vient tout juste d’ouvrir. Pendant que nous grignotons notre petit déj’, nous observons de loin une affiche de l’Express placardée sur tous les murs du Relay : “la ruée vers Rennes, dossier spécial”, ce qui nous laisse légèrement songeuses. Et puis, il y a cette musique entendue la veille dans le bus, qui n’est plus tout-à-fait ringarde quand les paroles sont fredonnées par de douces lèvres…

Ces instants magiques expirés et une fois le trajet retour achevé, j’ai tôt fait de sombrer dans un long sommeil diurne (vive le décalage). À bientôt et merci pour ce great trip !















