Ça commence aujourd’hui

19 juin 2009

Orientation sexuelle : lancement d’un logiciel éducatif contre les discriminations
Un logiciel éducatif destiné à tous les intervenants de l’éducation, pour “sensibiliser les élèves à la lutte contre les discriminations”, a été présenté vendredi à la presse au lycée Charlemagne à Paris, en présence de Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale.

Réalisé en collaboration entre le ministère et la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), ce logiciel vise à former de manière ludique à la lutte contre les discriminations, en évoquant des exemples de préjugés courants.
Il se présente sous forme de QCM, quiz et mini scenarios. Des scènes “réalistes” mettent en scène, par exemple, des élèves discutant dans une cours de récréation sur le refus du droit d’entrée dans une boîte de nuit d’un de leurs camarades noirs.
Un glossaire donne avec précision la définition des mots, tels racisme ou discrimination. Une série d’exercices pratiques permet aux utilisateurs de tester leurs connaissances et de casser les préjugés. Sont par ailleurs évoqués les recours possibles en cas de discrimination.
Des groupes-tests, composés de chefs d’établissement, d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation (CPE) et d’élèves ont permis de réaliser cet outil de formation. Les élèves de seconde du lycée Charlemagne ont participé à son élaboration. “Ils ont été d’un grand apport dans le choix des mots utilisés”, a indiqué un représentant de la Halde.
Xavier Darcos a rappelé le travail réalisé depuis deux ans par l’Education nationale, notamment en terme d’information sur l’orientation sexuelle des jeunes dans les lycées publics.
“Il faut avoir conscience de ses droits pour lutter et ne pas se résigner”, a déclaré le président de la Halde, Louis Schweitzer, soulignant “l’importance du respect de l’autre, quelle que soit son apparence physique ou son orientation sexuelle”.

Ça se passe ici


Lancement officiel de la campagne contre l’homophobie dans l’enseignement supérieur
La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a lancé officiellement lundi la première campagne d’affichage visant à lutter contre l’homophobie dans les établissements d’enseignement supérieur.

Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avait promis quelques avancées en matière de lutte contre l’homophobie en recevant l’Inter-LGBT, il y a un an exactement.
La diffusion d’outils en faveur de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans les universités et les CROUS faisait partie des revendications de la fédération LGBT.
La campagne a été réalisée en étroite collaboration avec des acteurs associatifs LGBT – l’Inter-LGBT et GayLib – qui ont travaillé depuis un an avec le ministère.
“Elle vise à sensibiliser les étudiants et l’ensemble des personnels universitaires aux difficultés rencontrées par certains étudiants encore trop souvent victimes de discrimination en raison de leur orientation sexuelle, ainsi qu’aux conséquences parfois dramatiques d’actes et de comportements homophobes”, indique le ministère dans un communiqué.
40.000 affiches seront diffusées au total : 20.000 dans l’ensemble des établissements universitaires, des CROUS, et des autres lieux d’accueil des étudiants (foyers, maisons des étudiants,.etc.) et 20.000 autres seront mises à disposition des associations d’étudiants luttant contre l’homophobie.
Une des affiches montre un jeune homme aux cheveux longs, avec la phrase: “Voici un garçon qui aime les garçons. Mais ce garçon qui aime les garçons n’aime pas les garçons qui n’aiment pas les garçons qui aiment les garçons. Cette phrase est compliquée, mais moins que sa vie d’étudiant homosexuel”.
La même affiche est adaptée pour les lesbiennes. Les deux portent le slogan: “L’homophobie mène à l’exclusion et au rejet”.
La campagne sera relancée à la rentrée universitaire 2009/2010.


Out 4 us

4 avril 2009

Merci à Yagg d’avoir résumé cette prise de conscience que j’ai puissamment ressenti à la sortie de la projection de Harvey Milk. Chaque coming-out est un combat militant qui peut TOUT changer, pas seulement soi-même mais aussi la société. À nous d’en être les premier-e-s convaincu-e-s pour faire avancer le schmilblick et prendre notre destin en main (au lieu de laisser les autres, souvent les pires, parler à notre place ou celle des enfants vivant dans les familles homoparentales) !

« (…) la lutte contre l’homophobie passe d’abord par les homos eux-mêmes et par le coming-out. Sortir du placard parce qu’il n’y a pas de honte à avoir et donc aucune raison de se cacher et que si ça pose problème à un hétéro, qu’il en parle à son psy. Sortir du placard parce que comme nous le disions plus haut, l’insulte fuse moins facilement lorsque son destinataire est une personne identifiée et non un pervers fantasmé. Parce que c’est en se faisant connaître qu’on fait reculer l’ignorance. Parce que ce n’est pas parce qu’on peut le cacher qu’il faut le faire. Parce que l’union fait la force et qu’il est plus difficile d’ignorer des millions de personnes qu’une poignée de militants qui s’égosillent. Parce que quand on est amoureux, on a envie de le crier sur les toits, et qu’il n’y a pas de (bonne) raison de ne pas le faire. Parce que l’amour devrait être encouragé, pas brimé.

Il y a autant de façons de faire son coming-out que d’homos et de trans. Et on ne fait jamais son coming-out une bonne fois pour toutes. “Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage”, disait Boileau. Le coming-out, c’est pareil, et c’est tous les jours. Sortir du placard, ce n’est pas nécessairement hurler “je suis pédé!” ou “je suis gouine!” dans la rue (même si parfois ça fait du bien). C’est s’autoriser à raconter son week-end avec ses collègues le lundi matin à la machine à café. C’est refuser de s’inventer une petite amie ou de parler de Sophie en l’appelant Pierre. Répondre au “Et votre mari, il fait quoi?” par un “Elle est traductrice”. Lorsque la vendeuse vous dit, tout sourire, “C’est un beau cadeau que vous lui faites, elle va être contente!”, rectifier poliment le tir: “Oui, je crois qu’il va aimer”. Accepter les questions indiscrètes des copains de classe de votre enfant, même si c’est douloureux de s’entendre rétorquer “t’es qui, toi? Tu n’es pas le papa de Mélodie, je le connais son papa, il est plus grand!”, parce que vous, vous êtes l’amoureux du papa de Mélodie, et c’est bien aussi. Prendre le risque de perdre un-e ami-e qui ne comprendra pas, parce que si c’était vraiment votre ami-e, il/elle comprendrait.

Personne n’a dit que c’était facile, et d’ailleurs si ça l’était, cela voudrait dire que la bataille est gagnée. On en est loin. D’ici là, nous avons tous notre rôle à jouer pour qu’il devienne inconcevable que des propos de l’acabit de ceux que nous citions au début de ce texte soient prononcés ou écrits comme s’ils étaient normaux. C’est aussi ça, le devoir de mémoire. »

Yannick Barbe, Xavier Héraud, Christophe Martet, Judith Silberfeld @ Yagg


Dure réalité

1 avril 2009

Harcèlement à l’école, risques de licenciements accrus, crimes et discours de haine : la discrimination à l’égard des homosexuels est “largement répandue dans toute l’Union européenne”, a dénoncé mardi l’Agence des droits fondamentaux de l’UE.
De nombreux lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels “sont victimes de discrimination, d’intimidation et de harcèlement”, voire “d’agressions physiques, parfois mortelles”, a dénoncé à Bruxelles Morten Kjaerum, directeur de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne.

“Ces signaux sont alarmants dans une Union européenne qui revendique par ailleurs avec fierté le respect en son sein des principes d’égalité de traitement et de non-discrimination”, a-t-il ajouté lors de la publication d’un rapport demandé par le Parlement européen.

Cette étude montre que la discrimination envers les homosexuels, dont sont victimes en particulier les jeunes, commence dès l’école, où les enseignants ne sont pas formés pour “identifier et affronter ces problèmes”.

“Le harcèlement est un phénomène commun à l’école”, conduisant les victimes “à de mauvais résultats scolaires” et même parfois “à une sortie du système éducatif”, a expliqué Morten Kjaerum.

Des problèmes qui pourraient être atténués si les programmes scolaires “n’ignoraient pas la question de l’orientation sexuelle”, a estimé l’Agence.

Les discriminations dont les homosexuels font l’objet également dans le système de santé, qui dans ses “mauvaises pratiques” va jusqu’à considérer leur homosexualité comme “un trouble ou une maladie”, les poussent à ne pas y recourir. Ce qui conduit à “un taux élevé de suicide”, à une santé mentale fragile et parfois à la toxicomanie.

Sur les lieux de travail, “des expériences désagréables, la crainte de la discrimination, le risque de licenciement” entraînent souvent les homosexuels à ne pas divulguer leur orientation sexuelle, a aussi noté le rapport.

Mais ce qui inquiète particulièrement l’Agence, c’est que tous ces incidents ne sont pas signalés.

Cette situation, liée notamment à un manque de formation des policiers, conduit à une “sous-estimation” des crimes homophobes.

Pour changer les choses, l’Agence recommande aux gouvernements de “prendre des mesures concrètes visant à sensibiliser et former les services de police” pour qu’ils enquêtent sur les crimes homophobes “avec le même degré d’exigence et de qualité que pour d’autres formes de criminalité”.

Elle suggère également de mettre en place des systèmes de signalement de ces crimes plus simples et s’il le faut anonymes, pour au moins pouvoir les comptabiliser, même si les victimes ont peur de porter plainte. Un système qui existe déjà à titre expérimental aux Pays-Bas ou à Copenhague.

D’autre part, si l’Agence se refuse à faire une classification par pays, ses conclusions montrent que certaines discriminations sont plus répandues dans les pays de l’Est, entrés le plus récemment dans l’UE.

Le rapport note ainsi que dans plusieurs Etats, les pouvoirs publics n’ont “pas pu ou pas voulu assurer la sécurité des participants” aux défilés des gay pride. Entraînant des violences ces cinq dernières années en Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Italie, Lettonie, Pologne, Roumanie et Suède.

En outre, en Bulgarie, en République tchèque, à Chypre, en Hongrie, en Italie et à Malte, “les appels au renforcement des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels se sont heurtés à des réponses hostiles de la part de certains hommes politiques”.


L’amour mérite le respect

18 mars 2009

Un couple gay, un couple lesbien, un couple hétéro. Ils s’embrassent. Le slogan, «L’amour mérite le respect», sera affiché à partir d’aujourd’hui dans toutes les rues de Berlin.

«L’amour mérite le respect» («Liebe verdient Respekt», inscrit également en arabe et en turc), c’est le slogan de la nouvelle campagne d’affichage présentée aujourd’hui, mardi 17 mars, par le maire ouvertement gay de Berlin, Klaus Wowereit (SPD, gauche). Des affiches créées à l’initiative de la LSVD, l’une des principales associations homos d’Allemagne. «Hélas, on a dénombré ces derniers mois de nombreuses agressions homophobes, a déploré dans M. Wowereit dans le journal Berliner Voice. Le fait qu’un simple baiser entre deux personnes déclenche la haine et la violence est triste et incompréhensible.»

(source : Tetu)

Berlin_camp_lb

>> Les visuels des affiches me rappellent clairement ceux de feu Rainbow Attitude (le salon). Et quand on se souvient de l’accueil – plutôt glacial – reçu (images lacérées, insultes graffitées, censure de Métrobus, etc), je ne peux que souhaiter bonne chance à cette campagne contre l’homophobie…

Sinon, quoi dire à part que s’embrasser en public ne devrait pas être cantonné aux rangs de fantasme ou doux rêve. Of course, c’est tout sauf simple d’oser, alors qu’on doit affronter le poids des regards (parfois désaprobateurs mais souvent indifférents) des honnêtes gens et imaginer le pire (mots, moqueries, agression). C’est parfois tellement confortable ce foutu moule hétéronormé. Mais nan, réfléchissez à 2 fois : personne ne mérite de se renier pour les préjugés des autres et puis on n’a qu’une seule vie ! Et…quelle est la plus belle preuve d’amour que de faire fi des arrièr-é-es pensées et ne focaliser sa pensée que sur TOI ? So, just do it !

Berlin_camp_gay


Roberto Benigni s’engage

23 février 2009

Les homosexuels italiens, habitués à l’homophobie de certains de leurs responsables politiques, ont reçu un spectaculaire soutien de la part de l’acteur et réalisateur Roberto Benigni lors du 59e Festival de San Remo, qui se déroule au Théâtre Ariston du 17 au 21 février, et qui est diffusé sur la RAI. Célèbre pour ses monologues enflammés, Roberto Benigni a délivré lors de la soirée d’ouverture du festival un long et émouvant plaidoyer contre l’homophobie en même temps qu’un hymne à l’amour, homosexuel comme hétérosexuel.

Roberto Benigni a rappelé l’absurdité et l’horreur des déportations d’homosexuels pendant la seconde guerre mondiale : « Des homosexuels ont été torturés et tués dans les camps de concentration, juste parce qu’ils aimaient une autre personne. Imaginez si on nous torturait nous, parce qu’on est tombé amoureux. C’est une absurdité ! (…) Et ce n’est pas la fin de la race humaine comme quelqu’un l’a dit. Les dinosaures ne se sont pas éteints parce qu’ils étaient homosexuels ! L’unique péché, c’est la stupidité »… Certaines oreilles ont dû siffler au Vatican !

Roberto Benigni a terminé en récitant un extrait de « De Profundis », une lettre d’amour d’Oscar Wilde à son jeune amant Alfred Douglas. Une lettre écrite alors que le poète était emprisonné en Angleterre à cause de son homosexualité. À la fin de la lettre, Roberto Benigni a reçu une standing ovation.

La prestation de Benigni n’est pas dûe au hasard… Elle fait suite à la polémique née d’une chanson programmée au festival, « Luca era gay » (Lucas était gay) du chanteur Povia, qui laisse supposer qu’on puisse « guérir » de son homosexualité.

(source : GayClic)


Cadeau-mophobie

2 janvier 2009

Après avoir pris en début d’année ses clients pour des chiens (fidèles, certes), Surcouf en remet une couche en réussissant le tour de force de réunir de manière très primitive : sexisme, racisme et homophobie, dans un seul et même visuel !

surcouf_web

On voit notamment sur une des affiches de l’enseigne placardées dans le métro parisien [et sur le web] un homme de couleur noire déballant une paire de chaussons de danse de ses cadeaux de Noël avec un air consterné.

L’association LGBT Tjenbé Rèd dénonce les “clichés” contenus dans cette publicité, dans un communiqué demandant à Surcouf et à la société d’affichage Métrobus de retirer cette campagne.
1) La danse, c’est pour les filles
2) Les garçons qui dansent, c’est des pédés
3) Les nègres, ça connaît rien à la culture et encore moins à la danse ou à l’opéra.

(source : e-llico)


L’homophobie dans le sport

21 décembre 2008

Les récentes affaires affaires d’homophobie dans le foot ont abouti à une rencontre au plus haut niveau des associations LGBT et des responsables du foot professionnel français. Une série d’actions a été décidée.

Suite aux différents manifestations d’homophobie survenues ces derniers mois dans le milieu du football (banderoles homophobes, affaire du sms à Montpellier), une réunion de travail a réuni la Ligue de Football Professionnel (LFP), le Paris Foot Gay (PFG) et l’Inter-Associative Lesbienne Gay Bi et Trans (Inter-LGBT), le 17 décembre.

Selon les associations LGBT cette rencontre a débouché sur une série de propositions et d’actions concrètes.

Ainsi, les dossiers d’homophobie avérée de Montpellier, Marseille et Lyon devraient être jugés en janvier 2009 par la commission de discipline de la ligue.

De manière très symbolique, on apprend aussi que la Ligue de Football Professionnel et le Paris Foot Gay ont prévu d’organiser des événements pour la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie avec les clubs professionnels volontaires, la semaine du 17 mai 2009.

Il est également prévu que les statuts de la LFP seront modifiés de façon à intégrer la discrimination à raison de l’orientation sexuelle.

Par ailleurs, la LFP s’est engagée à cofinancer un clip vidéo contre l’homophobie dans le football et a promis d’inciter les clubs professionnels à signer la Charte contre l’homophobie dans le foot.

Le Paris Foot Gay et l’Inter-LGBT voient dans ces décisions une “prise de conscience” et une “avancée significative des travaux de la Ligue Professionnelle de Football et de son président Frédéric Thiriez sur la discrimination homophobe, rencontrée quotidiennement dans le monde du football”.

(sources : e-llico, parisfootgay.com)


Give me one reason

20 décembre 2008

Mercredi soir, je quitte le taf et fonce dans la glaciale noirceur de la nuit pour m’engouffrer dans la bouche de métro. Derrière moi, dans la rue, deux types dont l’un – plutôt optimiste – n’hésite pas à lancer un : “bonsoir, mademoiselle !”. L’autre réplique : “mais ça va pas la tête ! Tu vois pas que c’est un bonhomme, abruti ?”. Le premier lui demande, visiblement hagard : “ah bon, t’es sûr ? On dirait pas pourtant”.
Et de mon côté, je ne fais bien sûr aucun effort pour leur fournir ne serait-ce que l’once d’un indice. Au contraire, ce dialogue et ce besoin d’étiqueter à tout prix me font quelque peu sourire…

Vendredi, le soleil brille et réchauffe durablement l’atmosphère, ce qui est déjà moins le cas le soir, à moins que ce ne soit le micro-climat de la Porte Maillot. Pourtant, ce n’est pas la foule qui manque pour aller voir le concert de Tracy Chapman à Paris (un cadeau de myGirl :) ). Deux files d’attentes se sont d’ailleurs formées pour accéder aux entrées à l’intérieur du monumental et hypra-classe Palais des Congrès scintillant de neige… Une ouvreuse nous guide vers nos sièges : vue imprenable sur la scène ! La première partie démarre avec ce qu’on pourrait considérer comme le futur pendant masculin de Tracy : un artiste accompagné de sa seule gratt’ (et ses cordes vocales). Comme quoi, le talent peut très bien s’accorder avec une configuration minimale et le dénuement…

Les lumières se rallument : la meuf assise à côté de ma chérie se lève brutalement d’un bond pour changer de place. Il me faut plus d’une minute pour saisir l’hypothèse la plus probable de son départ : nous deux. Pendant l’entracte, un type choisit son siège. Bien vite, il déménage lui aussi après nous avoir observées – entrelacées – quelques instants. De toute façon, on s’en fout. Oui et non. Ouais mais nan, ce serait trop facile. C’est plus fort que moi, jamais je ne pourrai cautionner ça. Ces abrutis ne méritent évidemment pas qu’on s’attarde sur leur cas, d’autant plus que la restant du live était émouvant et vraiment magnifique (surtout à la fin, quand plein de spectateurs(-trices) sont descendu-e-s vers la scène, comme pour rejoindre Tracy. Rien à redire (hormis l’interdiction “expresse” de photographier un peu trop excessivo-répressive).

Merde, on est vendredi 19 décembre, jour symbolique où Rama Yade a fait sa déclaration à l’ONU au sujet de la dépénalisation de l’homosexualité (même si elle a pris zéro risque et n’a pas l’air de vraiment bien maîtriser le sujet). Merde, on est à un concert de Tracy, une “chanteuse folk lesbienne et engagée contre le racisme, le statut des femmes, la pauvreté” (dixit Goudounet).
Merde, on est en 2008 : tous les journaux people misent désormais sur les couples gays à Hollywood pour exploser leur tirage, tous les médias ont le mot “homo” à la bouche dès qu’il s’agit d’évoquer un sujet de société, Arte cause de bisexualité comme si c’était acquis dans les mœurs depuis Mathusalem, tout le monde s’affiche et se déclare “friendly”.
Mais en fait, la vérité, c’est quoi ? Au fond, dans la tête de pas mal de gens encore, rien n’a changé. Ils trouvent toujours ça contre-nature, dégueulasse et profondément immoral. Et chaque regard, chaque moue de dégout, chaque insulte ou moquerie…sont autant de coups de griffes portés à nos vies et notre bonheur.

Merde, on est des être humains qui aspirent à l’amour, pas des monstres. J’avais cru comprendre qu’on vivait dans une société civilisée mais apparemment, j’me suis gourée de planète. “Homophobia” (comme prononce R.Y.) est encore bien omniprésente…même parmi les pays signataires de la fameuse charte.
Rassurez-vous, ma haine est redescendue d’un cran : la foule de gays et lesbiennes présent-e-s au concert de Tracy m’a fait grave chaud au coeur. Bright our future !
Arf, j’aurais presque envie d’appliquer, pour le coup, les conseils de Max la Connasse.

*Merci à Anatomie (Bousculaire) d’avoir joué lundi une chanson que je kiffe de par son intitulé et ses lyrics : “contre-nature mais contre-elle…”

**Et moi qui croyais n’avoir en ma possession le numéro de novembre. Eh ben non, erreur. Et la fille-que-je-suis-qui-a-toujours-trois-métros-de-retard-dans-ses-lectures  vient de franchir la page 147 d’unE certainE TêtuE.
Que dire à ce sujet ? Eh ben moi d’abord, j’l'ai déjà vue en vrai, na ! Non, sérieusement, article moins inintéressant que ne le prétend la principale intéressée…

click for zoom on dwe


Inférieur-e-s, vraiment ?

21 novembre 2008
Rassemblements contre une justice qui cautionne l’homophobie

Mercredi 19 novembre - 19h – devant la Cour de cassation (face au 5, quai de l’Horloge)
Samedi 22 novembre – 19h – angle rues des Archives et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie

Un
homme ou une femme politique peut désormais déclarer en toute impunité
que « l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité ».

C’est ce qu’a affirmé la Cour de cassation en annulant la condamnation
du député Christian Vanneste pour injure homophobe (1). Les limites de
la liberté d’expression n’auraient ainsi pas été franchies : tout au
plus aurait-on à regretter que le député ait pu « heurter la
sensibilité de certaines personnes homosexuelles » (2).

Mais l’homophobie ne « heurte » pas simplement « la sensibilité » ; elle tue.
Elle entraîne la mésestime de soi qui conduit à un taux de suicide plus
élevé chez les jeunes gays, ou à des pratiques à risques ; elle crée un
contexte qui favorise les agressions.

Les magistrats de la Cour de cassation n’ont pas voulu le voir. C’est bien le signe que la réalité de l’homophobie n’est toujours pas suffisamment reconnue par la société française.
Une autre preuve en est le quasi-silence des responsables politiques
après cette décision scandaleuse. Quand des supporters sifflent un
hymne national, on ne compte plus les réactions des politiques. Quand
on insulte des pédés ou des gouines, quand la plus haute juridiction
estime qu’il s’agit là d’une simple manifestation de la liberté
d’expression, on n’entend quasiment plus personne.

Act Up-Paris sera présente au rassemblement organisé par Tjenbé Red ce mercredi à 19h devant la Cour de cassation (face au 5, quai de l’Horloge, métro Cité) et appelle à un rassemblement ce samedi 22 novembre à 19h dans le Marais (croisement des rues des Archives et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, métro Hôtel-de-Ville). Pour
rappeler l’impact de l’homophobie sur la société tout entière. Pour
demander aux responsables politiques ce qu’ils et elles entendent faire
si la loi du 30 décembre 2004
 se révèle – du fait de la décision de la Cour de cassation – inapplicable (3). Pour exiger, enfin, l’égalité des droits pour les LGBT.

Contact presse : Audrey Grelombe / 06 25 47 91 36

(1) Les textes officiels de la jurisprudence dans l’affaire Vanneste :
http://www.actupparis.org/article2955.html
(2) La Cour de cassation ouvre la porte à toutes les haines :
http://www.actupparis.org/article3568.html
(3)
Loi condamnant les injures "envers une personne ou un groupe de
personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de
leur handicap"


Des cartes postales de tapettes pour lutter contre l’homophobie

16 novembre 2008

Depuis le 26 octobre, 100.000 Cart’Com ornées d’une tapette rose (avec fromage) sont distribuées dans les bars, restaurants, musées, grands magasins et lieux branchés de la capitale et des grandes villes françaises.

Cette carte imaginée par l’agence MS&L (première agence internationale de relations publiques de Publicis Groupe) dans le cadre de l’opération Cart’Blanche de Cart’Com, dénonce, au-delà de l’homophobie, toutes les formes de discrimination.
On peut y lire sur le recto une accroche provocatrice : “J’aime pas les tapettes…”, corrigée au dos par une suite “… la discrimination non plus” qui délivre le message de tolérance souhaité.

La démarche de l’agence MS&L ne se revendique pas comme un acte “communautariste”. “Simplement, parmi les thèmes de société envisagés pour cette Cart’Blanche, la lutte contre les discriminations contre les gays s’est imposée comme évidente”, précise l’agence.

Un consensus immédiat pour focaliser le message sur le mot “tapette” s’est dessiné. Même si MS&L a fait le choix de la dérision, une tapette n’en reste pas moins un petit mécanisme sadique et brutal qui brise la nuque et entraîne la mort par étouffement. Hors de ce contexte domestique, le mot est ambigu, entre la rigolade ringarde et la cruauté humiliante. Une ambiguïté qui a été utilisée dans le processus de création de l’agence.

La démarche de MS&L a reçu le soutien du Syndicat National des Entreprises Gaies. Cart’Blanche est une initiative du réseau Cart’Com destinée à promouvoir la créativité du média carte postale.

(source : pariscomlight.canalblog.com)